Comment organisations et associations féministes ont-elles réagi à la séquence de la dissolution entre les élections européennes et législatives ? Comment mènent-elles leur combat contre les régressions et les conservatismes ? Un débat intitulé « Front féministe contre front réactionnaire » s’est tenu en septembre à l’Agora de la Fête de l’Humanité, réunissant quatre militantes féministes.
Comment vous et vos organisations féministes vivez-vous cette séquence politique depuis la dissolution ?
Suzy Rojtman
Porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes
L’arrivée de l’extrême droite aux portes du pouvoir n’a pas été une grande surprise. En 2017, déjà, Marine Le Pen était au second tour de l’élection présidentielle. Nous avions monté alors le collectif pour les droits des femmes contre l’extrême droite, un collectif unitaire où il y avait des associations féministes, des syndicats et des partis politiques.
Nous avions créé un site pour démystifier la parole de l’extrême droite. Nous étions à peu près les seules à ce moment-là. Je voudrais souligner ici le mérite des associations féministes qui ont été capables, dès la dissolution de l’Assemblée nationale par Macron, de s’unir au-delà de leurs différences et de leurs spécificités, et d’agir sur le terrain.
Nous avons travaillé ensemble pour la grande manifestation contre l’extrême droite, en cohésion avec les syndicats et partis politiques. Car, nous avons une conscience très aiguë que ce sont les femmes, les immigrés, les minorités de genre notamment qui seraient les premières attaquées par le Rassemblement national.