En Asie du sud-est, la « saison » 2025 des typhons n’est pas encore terminée qu’elle surpasse déjà celle de l’an dernier. La dernière tempête en date, surnommée Bualoi, a touché terre dimanche 28 septembre au soir au centre et au nord du Vietnam, avec des vents soufflant à 150km/h. Selon un dernier bilan humain communiqué par le ministère de l’environnement vietnamien mardi 30 septembre, la catastrophe a fait au moins 26 morts et plusieurs dizaines de personnes disparues au Vietnam.
Les conséquences s’abattent en cascade, parmi lesquelles de fortes inondations suite aux fortes pluies survenues lundi soir, notamment à Hanoï. Pour l’heure, plus de 105 000 logements ont été touchés, et environ 225 kilomètres carrés de terres agricoles ravagées. Sur le littoral, les habitants ont fui des vagues atteignant jusqu’à 8 m de haut.
« Je n’ai pas connu de typhon aussi violent depuis plusieurs décennies », a expliqué à l’AFP Le Hong Luyen. Cet habitant de la province de Nghe An, dont la maison et le jardin ont été complètement inondés, a raison de s’inquiéter. D’après les experts du Centre national de prévisions hydrométéorologiques vietnamien, Bualoi a été d’une intensité exceptionnelle, avec une vitesse de déplacement inhabituelle, mais aussi une durée de présence sur terre de plus de 12 heures, ce qui est très rare.
De janvier à août 2025, 175 personnes ont trouvé la mort
Autre anomalie, selon le Docteur Nguyên Ngoc Huy, sollicité par le Courrier du Vietnam : la formation d’un nombre inédit de tornades, au moins 8, engendrant des dégâts considérables. Le Vietnam est habituellement frappé par une dizaine de typhons chaque année. Alors que d’autres catastrophes sont encore à venir d’ici la fin 2025, Bualoi est le dixième cette année.
Sa gravité exceptionnelle, comme celle de Ragasa la semaine précédente, est une conséquence du réchauffement planétaire. Les scientifiques alertent en effet depuis des décennies sur le fait que l’augmentation des températures exacerbe les événements météorologiques extrêmes, les rendant plus fréquents et plus intenses. Rien que de janvier à août 2025 au Vietnam, au moins 175 personnes y ont trouvé la mort.
Et d’après le Bureau général des statistiques, les pertes et dommages se chiffrent à plus de 316 millions d’euros, soit près du triple de ce qui avait été enregistré à la même période en 2024. Cette situation illustre à elle seule l’urgence pour les sommets climatiques – la COP30 débutera le 10 novembre à Belém (Brésil) – à bâtir un accord ambitieux en matière de financements, afin que les pays pollueurs historiques prennent leur responsabilité et soutiennent ceux les plus vulnérables face au réchauffement.
Avant de dévaster une partie du Vietnam, le typhon a touché les Philippines, jeudi soir. Le bilan humain dans l’archipel est passé lundi à 27 morts, selon la protection civile. De nombreuses victimes se sont noyées ou ont été percutées par des chutes de débris. Au total, 433 000 personnes ont été obligées d’évacuer.
Un scénario devenu fréquent pour le peuple Philippin, qui ne s’était pas encore remis du passage récent de Ragasa, qui avait déjà fait 14 morts dans le nord du pays. Il faut imaginer des populations déplacées par une première catastrophe, puis heurtées par une deuxième. Là encore, la vulnérabilité du territoire archipélagique appelle à un tournant majeur dans la lutte globale contre les dérèglements climatiques.
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