Une vente aux enchères polémique. La Licra du Loiret a réclamé, mardi 13 mai, l'annulation de la vente de 200 objets nazis à Orléans, prévue les 15 et 16 mai, puis les 26 et 27 juin. Quelque 10 000 pièces seront proposées aux collectionneurs de souvenirs militaires.
"Quand on a appris cette vente avec des objets nazis, quand même 200 objets, on a été un petit peu choqués", a affirmé auprès de l'AFP Joëlle Gellert, présidente de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) dans le Loiret, notamment en raison d'un "contexte d'antisémitisme fulgurant". "On est d'accord pour que ces objets soient dans un musée, qu'ils soient utilisés comme actes de mémoire pour la jeunesse. Mais nous ne sommes pas d'accord pour qu'ils soient vendus aux enchères sans savoir qui prendrait ces objets", a-t-elle asséné. La Licra Loiret avait appelé, dans un communiqué publié vendredi, "les autorités locales, ainsi que les commissaires-priseurs et les organisateurs, à prendre leurs responsabilités et à renoncer à cette vente".
"Ce sont des objets d'histoire", défend la commissaire-priseur
De leur côté, les organisateurs réfutent tout caractère polémique à la vente, dont les objets proviennent d'une collection "loin d'être idéologique" et récupérée à la suite du décès de son propriétaire. "Nous avons tout mis en œuvre pour respecter la sensibilité de chacun", s'est défendue la commissaire-priseur, Cécile Solibieda, en respect de la "loi qui oblige à ne pas exposer les insignes de façon outrancière". Les croix gammées des insignes ont par exemple été masquées du catalogue de l'exposition sur le site Interenchères, où un message d'avertissement a aussi été ajouté. Selon elle, "il n'y a pas eu de débat" à organiser cette vente, "même si on s'expose, ce sont des objets d'histoire et de collection".
La Licra, qui dit échanger avec les organisateurs pour parvenir au retrait de ces objets, a prévu de distribuer des "flyers pédagogiques" aux personnes présentes à la vente. Ces dernières années, plusieurs ventes de ce type ont été annulées, comme à Blois en 2021. Au Puy-en-Velay, la même année, ce sont plusieurs objets qui avaient été retirés de la vente.