A Londres, la Tate blâme le Brexit et la pandémie pour expliquer sa chute de fréquentation

Les musées anglais subissent encore les effets du Brexit et de la pandémie. À Londres, la Tate, qui regroupe la collection nationale d’art moderne et d’art contemporain international, peine à accueillir les visiteurs ces dernières années, comme le révèle un article publié le 29 juillet par The Art Newspaper . L’institution enregistre une baisse de fréquentation de 25 % dans son musée Tate Modern, de 32 % dans son musée Tate Britain et de 37 % dans son musée Tate St Ives par rapport à 2019. L’antenne à Liverpool est fermée jusqu’en 2027.

Ce recul est principalement dû au secteur touristique anglais, en perdition de 2,2 milliards de livres sterling en 2024 par rapport aux chiffres d’il y a six ans. Depuis l’instauration du Brexit, le 31 janvier 2020, le Royaume-Uni accumule les taxes et les formalités administratives comme les visas. Résultat ? La Tate note une baisse notable du nombre de visiteurs étrangers dans ses musées, en particulier chez les Européens âgés de 16 à 24 ans, alors qu’ils sont une cible clé pour l’institution.

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Chute de 41 % de fréquentation

Ces derniers sont passés de 609 000 visiteurs en 2019 au Tate Modern à 357 000 en 2023-2024, soit une chute de plus de 41 % de fréquentation. « Cette tranche d’âge est profondément affectée par le Brexit, qui modifie ses opportunités en matière d’éducation et d’emploi, et du Covid, qui affecte profondément la fin de ses études et la manière dont elle choisit de vivre sa vie, explique la directrice de la Tate, Maria Balshaw, à The Art Newspaper. De manière générale, elle voyage également moins. »

Maria Balshaw, directrice de la Tate, estime que la jeunesse « est profondément impactée par le Brexit ». DANIEL LEAL / AFP

À titre plus global, les chiffres de fréquentation des visiteurs étrangers dans les trois musées de l’institution n’atteignent que 61 % de ceux enregistrés en 2019. La fréquentation générale est passée d’une moyenne de 7,4 millions de visiteurs entre 2017 et 2019 à 3,8 millions en 2024. Les visiteurs internationaux sont, eux , passés de 3,6 millions à 2,2 millions au cours de cette même période. Le musée se classe parmi les plus grands perdants du Brexit et de la pandémie sur le territoire britannique. La National Portrait Gallery affiche seulement 3 % de baisse de fréquentation et le British Museum 4 %.

Premier musée d’art moderne et contemporain au monde

Elle reste toutefois l’une des principales attractions culturelles au monde. La Tate Modern, qui représente environ 75 % des visiteurs du groupe chaque année, est, par exemple, le cinquième musée d’art le plus visité au monde. Il se classe derrière le Louvre, les musées du Vatican, le British Museum et le Metropolitan Museum of Art de New York. Le Tate Modern est même le 
premier musée d’art moderne et contemporain au monde. Seuls le Centre Pompidou et le Museum of Modern Art de New York l’ont dépassé depuis 2014.

Ce que nous faisons dans les galeries attire donc vraiment les jeunes visiteurs britanniques, ce dont nous sommes très heureux

Maria Balshaw, directrice de la Tate

La directrice de la Tate espère s’appuyer sur la dynamique positive du récent week-end d’anniversaire, où 76 000 personnes se sont rendues à la Tate Modern. Plus de deux tiers d’entre eux avaient 35 ans, indique The Art Newspaper. « C’est le double de ce que nous attendions normalement pour ce type d’événement, confie Maria Balshaw. Et notre programme d’adhésion Tate Collective, destiné aux moins de 25 ans, compte désormais 180 000 membres actifs. Ce que nous faisons dans les galeries attire donc vraiment les jeunes visiteurs britanniques, ce dont nous sommes très heureux. Car, bien sûr, s’ils nous aiment à 24 ou 25 ans, ils reviendront à 55 ou 70 ans. » À l’échelle nationale, la Tate reste un lieu de rendez-vous incontournable. La fréquentation a juste baissé de 5 %.