Officiellement, la séquence de pourparlers entre Américains, Ukrainiens et Européens du week-end est terminée. Mais le ballet diplomatique va se poursuivre. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio est parti dans la nuit de dimanche 23 à lundi 24 novembre de Genève pour Washington, sans doute pour faire part de l'état des discussions au président Trump.
À ce stade, le secrétaire d'État se montre très optimiste, il a parlé d'énormes progrès. Un communiqué commun de la Maison Blanche et des Ukrainiens est sorti dans la nuit qui stipule que le futur accord de paix "devra pleinement respecter la souveraineté" de Kiev. Ces éléments de langage apaisants laissent penser que Washington a davantage pris en considération les attentes et les intérêts des Ukrainiens. Le secrétaire d'État cherche visiblement à rassurer. Le plan rendu public vendredi dernier, qui a provoqué une véritable panique chez les Européens, n'est pas un texte à prendre ou à laisser. Même Donald Trump l'a admis ce week-end : ce n'est pas un texte définitif. L'autre source d'apaisement, c'est que l'échéance du 27 novembre, dans 4 jours, n'est plus un ultimatum. Marco Rubio parle désormais d'un délai de quelques jours.
Trois scénarios possibles
Un peu de répit donc mais sur le fond il y a encore beaucoup à faire. Les dirigeants européens doivent se voir lundi en marge d'un sommet en Angola, et la coalition des volontaires, ces pays prêts à aider militairement l'Ukraine, se réunissent mardi en visioconférence. Très peu d'éléments concrets ont filtré mais les Européens toutefois ont fait quelques contre-propositions. L’agence Reuters s'est procuré un document ce week-end. On peut y lire, par exemple, que la taille des forces armées ukrainiennes sera plafonnée à 800 000 militaires, 200 000 de plus que le premier plan américain. Et l'autre point important : les négociations sur les échanges territoriaux débuteraient, selon ce texte, à partir de la ligne de contact actuelle. En clair, il n'est plus question d'abandonner à la Russie la région de Donetsk, dont une grande partie est encore sous contrôle ukrainien.
Trois scénarios se dessinent. Soit, après des jours de négociations, l'Ukraine et les Européens refusent d'endosser le plan américain et Washington arrêtera alors de donner du renseignement militaire à l'Ukraine et son ciel. Ce serait une énorme difficulté pour l'Ukraine. Soit personne n'arrive à se mettre d'accord et la guerre continue avec une Ukraine en grande difficulté sur le terrain. Soit les Européens et les Ukrainiens réussissent à amender le texte. Et les pourparlers peuvent alors se poursuivre. Autrement dit, les Ukrainiens et les Européens n'ont pas d'autre choix que de continuer à discuter avec Washington.