Le directeur général du festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD), accusé de management toxique, quittera son poste à la fin de son mandat, fin 2027, annoncent jeudi 24 juillet les financeurs publics du festival. Ces derniers mois, des salariés et des prestataires ont dénoncé à plusieurs reprises la gestion financière et humaine du délégué général, Franck Bondoux. Avec sa société 9Art+, il organise le festival depuis 2008.
"Monsieur Franck Bondoux a officiellement informé les membres de l’ADBDA [l’Association pour le développement de la bande dessinée d’Angoulême] de son retrait en qualité de délégué général du festival au terme du contrat qui lie sa société à l’association du FIBD, fin 2027", écrivent les financeurs publics du festival, à savoir la Ville d’Angoulême, la Communauté d’agglomération, le Département, la Région et le ministère de la Culture.
Va désormais s'engager "un processus de mise en concurrence pour la sélection du futur organisateur qui sera chargé du festival en janvier 2028", poursuit le communiqué.
Les accusations de management toxique ne sont pas mentionnées par les financeurs publics, qui tiennent à "remercier la société 9Art+, qui aura œuvré pendant 20 années à la réussite de cette manifestation et aura permis entre autres de lui conférer un rayonnement international".
Des critiques sur la gestion financière et humaine du festival
En janvier dernier, la dernière édition du festival de la BD d'Angoulême s'était déroulée dans un climat particulièrement lourd. Des salariés et des prestataires avaient dénoncé auprès de France Inter, sous couvert d'anonymat, la gestion financière et humaine du délégué général et s'inquiétaient de la mainmise de la famille Bondoux sur le festival, la fille du délégué général étant devenue en 2022 la "directrice du développement".
En avril, 400 auteurs et professionnels du secteur avaient signé une pétition publiée dans le journal l'Humanité dans laquelle ils demandaient à l'association propriétaire du festival de mettre un terme à son contrat avec 9Art+, sous peine de boycotter la prochaine édition du festival, prévue du 29 janvier au 1er février 2026. Dans le texte, ils dénonçaient aussi le licenciement d'une salariée par Franck Bondoux alors qu'elle avait déposé plainte pour un viol subi lors de l'édition 2024 du festival [ce n'est pas une plainte contre F. Bondoux].
Cette annonce devrait un peu faire retomber la tension à l’approche de l’édition 2026, menacée de boycott par les auteurs et les éditeurs, de plus en plus nombreux à protester contre la gestion et la personnalité de Franck Bondoux. Les principales maisons d’édition ont par exemple jusqu’alors refusé d’envoyer leurs ouvrages pour briguer l’un des prestigieux prix de la compétition du festival d’Angoulême.