Arles (Bouches-du-Rhône), envoyé spécial.
Prise dans le clair-obscur d’une ombre s’arrêtant au milieu du visage, une femme ferme les yeux. Son nom est Rosaria Schifani. Elle est l’une des nombreuses veuves laissées souffrantes par les crimes de la mafia italienne.
Son aveuglement choisi émeut d’autant plus qu’il dit quelque chose du parcours de la photographe, Letizia Battaglia, à ce moment-là : l’artiste laisse alors la photo d’actualité et cesse, après trente ans, de regarder comme elle l’a fait cette Italie qui n’a pas trouvé de réelle issue à ces années de violence, ouvrant une dernière période marquée par la solitude et la mélancolie, revers d’une vie passée dans l’effervescence de la ville, dans la violence de la mafia et dans l’électricité des...