Plus de 3 000 interventions des secours ont lieu chaque été en mer sur la façade méditerranéenne française, de Perpignan à Nice en passant par la Corse. Pour renforcer la sécurité, les opérations de contrôles se multiplient pour les plaisanciers. Des patrouilles ont par exemple sillonné la rade de marseillaise mercredi 24 juillet. Cette zone est très fréquentée par les voiliers, les bateaux à moteur ou encore les jet-skis.
Le bateau des Affaires maritimes accoste une vedette qui transporte une famille de touristes. Le capitaine est rappelé à l’ordre. "Monsieur, je vous fais un rappel de réglementation, déclare Samuel Alsfasser, contrôleur aux Affaires maritimes. Vous avez des enfants à bord et il n'y a pas de gilet enfant. Vous êtes limité à douze personnes et vous avez pris 13 personnes. Donc, je vais vous demander de rentrer au port immédiatement. Fin de la sortie messieurs dames."
"Ah bah merci, on vient de loin pour ça !", s'exclament les touristes. Déception pour ces vacanciers, qui quittent le cap Croisette, la porte d’entrée des Calanques, un couloir où les bateaux se croisent. "Le cap Croisette fait à peine 50 m de large, explique le contrôleur aux Affaires maritimes. C'est une zone qui est très accidentogène et tous les navires passent par là. Donc, c'est quasiment une autoroute l'été."
"On a 600 chevaux, cela permet de rattraper tous les navires"
Le navire des affaires maritimes est "planqué", comme "les gendarmes au bord de la route avec un radar", poursuit Samuel Alsfasser. "On a 600 chevaux, ce qui permet de rattraper tous les navires, même le jet ski." Et justement, le bateau accélère, pour prendre en chasse un zodiac à 20 nœuds au lieu de 5. Après un inventaire, le plaisancier est verbalisé : "Je vais vous verbaliser pour la vitesse excessive, pour l'extincteur qui est périmé, la lampe torche qui ne fonctionne pas et l'absence de port de court-circuit", explique le contrôleur.
"Je reconnais le matériel qui a dépassé la date de péremption, mais franchement, la vitesse quand vous me dites 25 nœuds, ça me semble impossible", argumente le plaisancier. Il risque une suspension de son permis bateau et sera convoqué dans quelques semaines.
En été, ces contrôles sont essentiels pour rappeler les règles de prudence aux plaisanciers. "Il y a d'abord un problème d'impréparation, de gens qui partent en mer sans véritablement préparer leur sortie, assure Christophe Lucas, préfet maritime de Méditerranée. Il y a beaucoup d'inexpérience. Vous avez des accidents de gens qui, par exemple de nuit, ne maîtrisent pas leur engin nautique qui se retrouve sur des cailloux. Et si vous êtes avec un bateau très rapide, c'est comme si avec votre voiture, vous roulez à 60 km/h que vous arrêtiez dans un mur. "
Il faut toujours vérifier ses équipements de sécurité et regarder la météo avant de partir, martèle le préfet maritime. Sans compter que la Méditerranée est trompeuse, la météo pouvant changer très vite.