Le patron des députés PS Boris Vallaud a annoncé jeudi le dépôt d'une proposition de loi de mise «sous tutelle» de l'État du site d'ArcelorMittal à Dunkerque, fustigeant les suppressions de postes prévues par le sidérurgiste qui n'a pas «respecté ses engagements». «ArcelorMittal n'a pas seulement plongé des territoires et des salariés dans l'incertitude et la crainte. Le groupe n'a, une nouvelle fois, pas tenu parole ni respecté ses engagements», critiquent dans une tribune au Huffington Post le président du groupe et le député PS du Nord Julien Gokel.
Pour le 1er mai plusieurs responsables de la gauche, dont Boris Vallaud, manifestent jeudi à Dunkerque contre un plan d'économies du sidérurgiste, qui prévoit 636 suppressions de postes en France et un transfert d'activités support vers l'Inde portant sur 1400 postes. Pour la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, «il faut qu’il y ait une vraie politique industrielle à l’échelle européenne (...) Il faut pouvoir maintenir les emplois, l’activité». Pour la syndicaliste, la nationalisation de l’entreprise «peut faire partie» des possibilités mais «ce n’est pas forcément la seule». Même constat pour la cheffe de la CGT, Sophie Binet, pour qui «il faut une réponse très forte au niveau français et au niveau européen. Nous demandons la nationalisation».
«Une nationalisation temporaire ou durable»
Le groupe PS à l'Assemblée déposera «dans les prochains jours une loi d'urgence», visant à «mettre sous tutelle de l'État le site d'ArcelorMittal de Dunkerque», annoncent Boris Vallaud et Julien Gokel. Cette loi, dont l'examen n'est à ce stade pas programmé au Parlement, obligerait «l'entreprise à y poursuivre l'activité et à préserver l'emploi, y compris à perte, pendant une période donnée», pour «trouver un repreneur», des «investisseurs» ou «mettre en œuvre une nationalisation partielle». Ils appellent aussi à «conditionner toute nouvelle aide publique», voire à la convertir en cas de manquements en «actions et en droits de votes doubles» pour que l'État pèse de l'intérieur sur les décisions stratégiques du groupe, qu'ils accusent de n'avoir «consenti aucun investissement substantiel sur l'outil de production en France depuis 2013», malgré les aides publiques engrangées.
Le chef du parti socialiste Olivier Faure se rendra aussi à Dunkerque jeudi avec ses homologues Marine Tondelier (Écologistes) et Fabien Roussel (PCF), et les députés du groupe écologiste François Ruffin et Benjamin Lucas. Dans un communiqué commun, ils ont appelé à une série de mesures, dont des protections douanières face aux importations d'acier chinois et une intervention de l'État avec si besoin «une nationalisation temporaire ou durable». Une mesure également avancée par LFI, qui n'a pas été associée à cette déclaration et qui enverra une délégation de députés à Dunkerque jeudi comprenant la présidente de la commission des Affaires économiques Aurélie Trouvé. Le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, candidat à la tête du PS comme Olivier Faure et Boris Vallaud, sera aussi sur place.