Jeux Olympiques d’hiver. L’or pour le Suisse Franjo von Allmen, rien pour les Français

Bormio (Italie) Envoyé spécial.

Après vendredi soir et la dispersion des cérémonies d’ouverture dans tout le nord de l’Italie, cette fois-ci place à la compétition et… à la reine des disciplines des JO d’hiver, la descente de Bormio, sur la mythique et harassante Stelvio. Cette épreuve l’équivalent du 100 m aux JO d’été est en effet le must en termes de frissons garantis.

La bonne surprise, qui est plutôt une confirmation, n’est pas venue du côté des tricolores, mais de la Suisse. C’est en effet, l’Helvète, Franjo von Allmen, qui a décroché la première médaille d’or de ces Jeux de Milan-Cortina. Et elle n’avait rien d’une médaille en chocolat -suisse-, tant il a dévoré en 1’ 51”61s, toutes les difficultés proposées ! Un an après son titre mondial dans la même discipline, la démonstration du Bernois n’a fait que confirmer qu’il était le meilleur le jour J. Sa perf, il y a quelques jours en Coupe du monde à Crans-Montana avait déjà tout du signe avant-coureur. Le Bernois de 24 ans, a survolé les débats sur la Stelvio. Il succède ainsi à un autre Bernois, Beat Feuz, au palmarès de la descente olympique. Un Suisse peut donc en cacher un autre car on attendait le roi Marco Odermatt. Du haut de ses 28 ans, Il ne termine qu’au pied du podium, mais comme l’avouera son cadet dorénavant champion olympique : « J’ai suivi avec plus de réussite, les traces de Marco parti avant moi. »

les Transalpins n’ont pas failli ou presque

Quand on pense dorénavant descente, si l’on place forcément la Suisse parmi les favorites, ne jamais oublier de citer l’Italie. A la « casa », les Transalpins n’ont pas failli ou presque. Dans un vacarme infernal, Ils se sont installés sur les deux autres marches du podium : Giovanni Franzoni pas encore 25 ans (2e) et à l’inépuisable Dominik Paris 36 ans (3e).

Enfin, un peu d’ambiance à Bormio, car si vendredi soir, cette dernière était bien là sur trois sites (San Siro à Milan, Livigno et Cortina), à Bormio silence radio ou presque. Seul événement majeur, la présence d’une fanfare très alpestre en costumes d’époque, celle de jeunes volontaires en tenue olympique et des écoles de ski de la ville dans les rues étroites et pavées de la vieille ville. Champêtre certes mais bien plus authentique que le défilé ultrarapide des athlètes dans les sites énumérés plus haut. À croire que station attendait sa Stelvio et rien d’autre…

À 11 h 30 pétante, c’est donc l‘Autrichien, Daniel Hemetsberger, qui a lancé les hostilités. Machinalement, il a tapé ses bâtons, les a placés au-dessus du portillon puis a poussé. Presque deux minutes, vers l’inconnu. Premier Autrichien à partir, ce sera le seul fait marquant pour son pays. Aucun de ses compatriotes ne relèvera le défi pour grimper sur le podium. Daniel Hemetsberger termine en 7e position à 2’’ du vainqueur. Mais où est donc passée cette école autrichienne, celle qui a dominé durant des décennies les épreuves de vitesse ? Les Hermann Maier, Franz Klammer ne seraient-ils devenus que de lointains souvenirs ?

Nils Allegre pas abattu

Bonne question qui en amène une autre ? Mais où en est l’équipe de France ? Il y aura-t-il, en ce samedi fin de matinée un nouveau Jean Luc Crétier comme à Nagano en 1998 à ou un Antoine Deneriaz comme à Turin 2006 ? La réponse est non ! Seul Nils Allegre a sauvé les meubles avec une dixième place. Il faut ensuite aller chercher au-delà de la 20e place pour y découvrir les noms de Nils Alphand et Alban Elezi Cannaferrina.

Malgré ce premier raté, Nils Allegre ne semblait pas abattu : « L’état d’esprit était bon, le ski était bon. C’est dans le deuxième secteur que j’ai pris cher. J’ai perdu le sens de ma glisse et finalement je suis un peu sur des œufs sur la partie finale. Après j’ai bien aimé cette Stevio, plus joueuse que d’habitude et ce même si une fois la ligne passée on est cramé. » a expliqué Allegre qui ne perd pas espoir pour la suite. Demain est un autre jour.

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