Une exposition « hostile à la communauté juive », martèle une ONG israélienne dans une mise en demeure adressée le 14 mai à la direction et au conseil d’administration du Musée canadien pour les droits de la personne. Selon la presse américaine, le Shurat HaDin, un centre juridique installé à Tel Aviv, a menacé l’institution culturelle de « poursuites judiciaires » après l’annonce d’une future exposition consacrée à la Nakba (la catastrophe en arabe). Un événement historique qui, selon Amnesty International, a entraîné l’expulsion d’environ 750 000 Palestiniens en 1948, au moment de la création de l’État d’Israël.
Baptisée Palestine déracinée : Nakba, passé et présent (Palestine Uprooted: Nakba Past and Present, en anglais), l’exposition dont l’ouverture est prévue le 17 juin explore, selon le site web du musée, les « violations des droits humains liées au déplacement forcé et à la dépossession continue des Palestiniens ». Elle s’appuie sur des « témoignages » de Canadiens d’origine palestinienne, mais aussi sur des vidéos, des photographies, des œuvres d’art et des textes qui « révèlent des schémas persistants de perte et de résistance ».
Passer la publicitéUltimatum de quatorze jours
La présidente de l’organisme israélien, Nitsana Darshan-Leitner, accuse le musée canadien, dans une déclaration publiée dans Winnipeg Sun, de « contribuer à la division et à l’incompréhension » en « effaçant l’histoire juive » et en « délégitimant l’autodétermination du peuple juif ». Elle a aussi mis en garde le gouvernement fédéral, principal financeur de l’institution. Le Shurat HaDin compare le musée à une « plateforme de propagande politique partisane » qui minimise les liens qu’entretient la population juive avec la région et l’invite à « suspendre [ses] travaux sur l’exposition » et à « retirer [ses] déclarations selon lesquelles Israël aurait commis des violations des droits de la personne ».
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Dans cette même lettre, l’organisme israélien donne quatorze jours au musée pour répondre. Soit jusqu’au dimanche 24 mai. Auquel cas, il engagera des poursuites judiciaires à son encontre. De son côté, l’institution canadienne a confié à Artnews que le document du Shurat HaDin était actuellement « en cours d’examen », mais que l’exposition ouvrira, comme prévu, le 17 juin prochain.