"Ça ne porte pas un coup terrible à leur business" : plus de quatre tonnes de cocaïne interceptées au large de la Polynésie française par la Marine nationale

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Ce sont des images rares. Celles d'un pétrolier tanzanien arraisonné en pleine mer, au large de la Polynésie française par un bateau de la Marine nationale. Des militaires sont envoyés pour l'intercepter, car le navire est suspect et les déclarations de l'équipage incohérentes. Les forces armées et les douaniers le contrôlent de fond en comble. Une fouille exceptionnelle qui va durer quatre jours.

"Il a fallu commencer par les parties les plus simples, puis de plus en plus compliquées, jusqu'à fouiller les cuves de pétrole, vider les cuves de pétrole, pour pouvoir accéder à la cache où la drogue était dissimulée", détaille Serge Puccetti, directeur régional des douanes en Polynésie française.

De la cocaïne. Au total, 174 ballots sont retrouvés sur le navire, l'équivalent de 4, 249 tonnes, très précisément. La cargaison a été détruite, mais l'équipage a été autorisé à poursuivre sa navigation. Car la drogue n'était pas destinée au marché polynésien. Le pétrolier est parti d'Amérique centrale et se dirigeait vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Un faible coup porté au trafic ?

Une saisie loin de porter atteinte aux narcotrafiquants, selon un spécialiste : "Là, c'est une saisie, 4,5 tonnes, mais pour combien de dizaines de centaines de tonnes qui arrivent à passer sans être saisies ? Pour eux, ce n'est pas grave de perdre quatre tonnes de cocaïne. Parce qu'ils en produisent des centaines et des centaines de tonnes avec des marges qui varient entre 4 et 6 000 %. Donc ça ne porte pas un coup terrible à leur business, malheureusement", explique Bertrand Monnet, professeur à l'Edhec - Spécialiste de l'économie criminelle.

Pourtant, les autorités redoublent de moyens. Cette opération intervient deux semaines à peine après cette précédente saisie, toujours au large de la Polynésie française, de 4,8 tonnes de cocaïne. Marginale avant 2022, la cocaïne est désormais la première drogue interceptée par la Marine française.