Tanzanie : le Quai d’Orsay renouvelle son appel à la prudence pour les voyageurs
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères vient d’actualiser ses conseils aux voyageurs pour la Tanzanie, soulignant une situation politique et sécuritaire qui demeure fragile et difficilement prévisible.
Passer la publicité Passer la publicitéInterruption partielle ou totale de l’accès à internet, contrôles routiers renforcés, difficultés d’approvisionnement en eau, nourriture et carburant parfois pendant plusieurs jours, possibles couvre-feux et perturbations du trafic aérien sont autant d’éléments à prendre en compte par les voyageurs désireux de se rendre en Tanzanie dans les prochaines semaines.
Depuis l’élection présidentielle d’octobre, le pays d’Afrique de l’Est traverse une période de fortes tensions politiques qui ne montre pas de signes d’apaisement à ce stade. La victoire de Samia Suluhu Hassan, vivement contestée par l’opposition, a été suivie de manifestations dans plusieurs villes, parfois difficiles à anticiper et à contenir. En raison des troubles persistants, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères appelle les Français présents sur place à la vigilance et recommande d’éviter les rassemblements et les déplacements nocturnes non indispensables.
Passer la publicitéLe Quai d’Orsay invite également ses ressortissants à s’enregistrer sur le Fil d’Ariane - le dispositif d’information et d’alerte du ministère - et à consulter régulièrement les communications des autorités diplomatiques françaises.
Une vigilance maximale dans les zones frontalières
Si l’ensemble du pays est concerné par cette alerte renforcée, une zone est identifiée comme particulièrement sensible. «Pour rappel, la zone frontalière entre le Mozambique et la Tanzanie est formellement déconseillée», insiste le ministère, précisant qu’elle est classée en orange et rouge sur la carte des niveaux de vigilance.
Cette région, où est signalée «la présence de groupes terroristes en repli», fait l’objet d’une attention particulière des autorités françaises, qui appellent toute personne susceptible de s’y trouver à «se signaler sans délai auprès de l’ambassade de France à Dar-es-Salam».
Des conseils de sécurité renouvelés par les pays occidentaux
La France n’est d’ailleurs pas la seule à faire évoluer ses recommandations. Plusieurs pays, dont le Canada, le Royaume-Uni ou encore l’Australie, ont récemment ajusté leurs avis aux voyageurs, évoquant eux aussi un climat politique « instable» et des risques de «perturbations soudaines».
Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) britannique et le gouvernement canadien ont récemment mis à jour leurs conseils aux voyageurs pour la Tanzanie. Le Royaume‑Uni, dans son avis du 10 décembre, déconseille tout déplacement non essentiel dans certaines zones, notamment près de la frontière avec le Mozambique, en raison des risques liés aux groupes extrémistes et à l’instabilité locale. De son côté, Ottawa, dans sa mise à jour du 15 décembre, attire l’attention sur un taux de criminalité élevé, la menace terroriste et des risques accrus dans la même zone frontalière, plaçant la Tanzanie dans une catégorie nécessitant une «grande prudence».
Passer la publicitéDe l’autre côté de l’océan Indien, l’Australie a mis à jour son avis sur la Tanzanie, invitant ses ressortissants à «reconsidérer la nécessité de voyager». Son service officiel de conseils aux voyageurs, Smartraveller, rappelle que le partage d’images ou de vidéos susceptibles de semer la panique est puni par la loi tanzanienne, et que des fouilles d’appareils électroniques ont été signalées.
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