PSG-OM : «Je ne vis pas ça comme une défaite», l’analyse optimiste de Mehdi Benatia après le Trophée des champions

Si près, si loin… En quête d’un premier titre depuis 2012, l’OM s’est incliné aux tirs au but face au PSG (2-2, 4-1 tab) jeudi, au Koweït, lors du Trophée des champions. Roberto De Zerbi en a pleuré. Mehdi Benatia, lui, a confié sa «tristesse». «Mais je suis vraiment fier d’avoir une équipe comme ça», a aussitôt ajouté le directeur sportif marseillais, s’exprimant longuement en zone mixte et rappelant que les Olympiens ont commis un match «catastrophique» à Nantes dimanche dernier (0-2). «Pour une fois, les critiques étaient méritées. Mais encore une fois, après une simple défaite, on a pensé qu’il fallait tout jeter, qu’aucun joueur n’avait le niveau», a-t-il grincé, soulignant le match de Kondogbia, Traoré, Medina, Hojbjerg ou Balerdi.

«Beaucoup de fierté, pour les joueurs, le coach», a-t-il relevé ensuite face à la presse, se souvenant d’avoir «entendu que le coach n’était pas bon. Mais faire un match comme ça face au PSG, il n’y a pas de hasard. Tu ne fais pas ce match après celui de dimanche si tu n’as pas une grande équipe et un grand coach. Mais ce n’est que mon avis», a-t-il lancé, pour régler des comptes.

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Mehdi Benatia reconnaît toutefois que la question est de savoir «comment faire ce type de match sur la durée et ne pas répéter celui de Nantes, qui était inacceptable. Vous ne l’acceptez pas, on ne l’accepte pas, les joueurs non plus. Ils ne sont pas contents de ce type de prestation. C’est ça, notre plus grand challenge», a martelé l’ancien joueur du Bayern Munich.

Le PSG est la meilleure équipe d’Europe.

Mehdi Benatia

Et de poursuivre : «Le PSG n’a pas gagné ce trophée que l’année dernière, mais depuis plus de dix ans (14 fois au total, record de l’épreuve, NDLR). C’est la meilleure équipe d’Europe, on ne peut pas leur enlever. Ils le montrent tous les week-ends. Il nous a manqué un peu de réussite dans les deux surfaces. On a eu beaucoup d’occasions en première période. Ça faisait longtemps que (Lucas) Chevalier n’avait pas fait un aussi gros match . Quand on a l’action du 3-2, sur laquelle on aurait pu être plus vicieux, plus malins … Après coup, c’est facile. La vérité, c’est qu’on a beaucoup de résultats positifs depuis un an et demi mais qu’on n’a pas toujours eu le jeu souhaité par le coach. Mais ce soir, on a été à la hauteur, on a montré beaucoup de belles choses».

Les joueurs m’ont brisé le cœur, le coach aussi. Tout le monde était vraiment triste mais le football, c’est comme ça, c’est cruel.

Mehdi Benatia

Une chose est sûre : ce revers a touché les joueurs et «RDZ». Mehdi Benatia comprend parfaitement leur sentiment. Par sa fonction, il a toutefois voulu prendre de la hauteur en zone mixte. «Si je suis un joueur, je sors forcément dégoûté, mais également avec beaucoup d’ambitions pour la suite. Quand on joue comme ça, on est capable de faire de grandes choses», a-t-il martelé, avouant au passage que «les joueurs (lui) ont brisé le cœur, le coach aussi. Tout le monde était vraiment triste mais le football, c’est comme ça, c’est cruel. Pour gagner, il faut ce genre de défaites te donne beaucoup d’enseignements».

L’ancien défenseur de la Juventus a rappelé que le PSG est largement en avance dans son projet, alors que le groupe marseillais s’est, selon lui, «créé avant-hier. Eux, ça fait 15 ans. Nous, on arrive, on pousse, mais encore une fois, faire ces deux matchs-là en cinq mois face à la plus belle équipe d’Europe (la victoire 1-0 en septembre  et le Trophée des champions, NDLR), ça ne fait pas de toi un champion mais ça ne fait pas de toi non plus une équipe catastrophique avec des joueurs en bois, un coach et des dirigeants en bois. Il y a un équilibre à trouver», a-t-il indiqué. À Marseille, on est rarement dans la demi-mesure…

Des matchs comme celui de Nantes, je ne veux plus en voir ni les accepter.

Mehdi Benatia

«Il y avait une coupe à prendre et malheureusement, on ne l’a pas soulevée», a-t-il explicité en forme «d’analyse pragmatique». «Après, si vous voulez mon sentiment, après Nantes, je n’ai pas perdu que trois points, j’ai perdu bien plus. Je parle pour moi, mais je suis rentré chez moi en me demandant ce qu’il se passait. Des matchs comme ça, je ne veux plus en voir ni les accepter. Aujourd’hui, j’ai perdu, mais je ne vis pas ça comme une défaite. Vous allez peut-être penser que je rigole mais je suis fier. Tout ce que j’ai vu aujourd’hui me rend fier d’avoir des gars comme ça», a-t-il poursuivi, évoquant notamment les revenants Medina et Traoré et leur bon match de jeudi soir.

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Et de conclure, en se projetant sur la Ligue 1 : «On sera peut-être moins bons dans quelques jours mais il faudra prendre des points, car ça commence à recoller derrière (le classement de L1 ici ). Et il faudra garder ce tempérament. Une chose est sûre : quand tu acceptes de venir dans ce club, tu peux rater des passes, des dribbles, mais tu ne peux pas te rater dans l’attitude. Quand tu vois le fan-club de Dubaï qui est venu ce soir, ce n’est pas partout que tu vois ça, donc tu ne peux pas tricher. Oui, ce soir, c’est une défaite, mais je sors grandis».