Et si le gros coup du mercato hivernal était déjà réalisé ? Un peu plus d'une semaine après l'ouverture de la fenêtre des transferts, Antoine Semenyo s'est engagé avec Manchester City jusqu'en 2031, vendredi 9 janvier, moyennant 72 millions d'euros d'après le site spécialisé Transfermarkt. L'ailier ghanéen de 26 ans vient renforcer l'équipe de Pep Guardiola qui a besoin d'un coup de collier pour revenir sur Arsenal, actuel leader de la Premier League avec six points d'avance sur les Cityzens, et tenter de récupérer leur statut de champions d'Angleterre cédé à Liverpool au printemps dernier.
City récupère l'un des tout meilleurs joueurs du championnat d'Angleterre, qui a franchi un cap la saison passée sous les couleurs de la surprenante équipe de Bournemouth (9e en fin de saison). Celui qui évoluait encore en deuxième division il y a trois ans est actuellement le troisième meilleur buteur de Premier League avec 10 réalisations en 20 matchs, derrière son nouveau coéquipier Erling Haaland (20 buts) et le Brésilien de Brentford Igor Thiago (16). Le tout dans une équipe qui ne rayonne plus vraiment car seulement 15e du classement.
Puissance, technique et efficacité
"C'est vraiment un joueur extraordinaire, extraordinaire, extraordinaire, ne s'était pas caché Pep Guardiola en novembre dernier, avant la victoire de son équipe contre Bournemouth (3-1). Son énergie, sa confiance, sa mobilité sont incroyables. Il ne s'arrête jamais de courir. Il attaque l'espace tellement bien et, quand il a la balle, il se passe quelque chose". "Nous observons constamment des joueurs partout dans le monde. Antoine était celui que nous voulions le plus", a confirmé Hugo Viana, le directeur du football de Manchester City sur le site du club.
D'après des rumeurs et des questions posées en conférence de presse par les journalistes, d'autres cadors du championnat d'Angleterre comme Chelsea et Liverpool étaient aussi sur le coup. Le profil athlétique (1,85m) et technique de cet ailier ambidextre avait de quoi attirer les convoitises. Attaquant de pointe au début de sa carrière, il s'est imposé au poste d'ailier, avec la capacité d'évoluer des deux côtés du terrain. "Je suis un joueur puissant, rapide, fort et précis. Je continue de progresser", se décrit l'intéressé, estimant son impact à "dix ou quinze buts supplémentaires [pour Manchester City] à la fin de la saison".
Antoine Semenyo est très fort en un contre un, avec un jeu plus vertical que l'ailier n°1 de City, Jérémy Doku. Il a inscrit trois buts en sortie de dribble en Premier League cette saison, un record qu'il co-détient avec Hugo Ekitike et Yankuba Minteh. D'après les Expected Goals - une statistique qui calcule le nombre de buts qu'aurait dû inscrire un joueur en fonction de la dangerosité de ses tirs -, le Ghanéen a marqué quatre buts de plus que prévu (hors penalties). Ce différentiel, le plus favorable de tout le championnat, indique soit un grand réalisme face au but, soit un surrégime.
La concurrence sera féroce
Son catalogue de buts cette saison a plutôt tendance à mettre en valeur son talent, à l'image de sa remontée de balle contre Liverpool, depuis l'entrée de sa propre surface de réparation jusqu'à celle des Reds, ou encore de son accélération au milieu de trois défenseurs avant de conclure dans un angle impossible contre Fulham. Sous le charme, Thierry Henry a confié, sur Sky Sports, lui avoir parlé et lui avoir glissé qu'il était "incroyable" et "au sommet de son art".
Subsiste cependant encore un doute sur l'apport de l'ailier dans sa nouvelle équipe, particulièrement fournie dans le secteur offensif. Il devra se battre avec Erling Haaland, Jérémy Doku, Rayan Cherki, Phil Foden, Bernardo Silva, Savinho, Omar Marmoush et Oscar Bobb pour trouver du temps de jeu.
L'an passé, Manchester City avait déjà cassé sa tirelire avec Marmoush justement (75 millions d'euros), mais l'Egyptien ne s'est pas imposé (neuf buts en 40 matchs et un temps de jeu en chute libre). Jamais Antoine Semenyo, dans le Top 10 des transferts les plus onéreux de l'histoire du mercato d'hiver, n'a porté les couleurs d'une équipe jouant les premiers rôles. Il découvrira par ailleurs la Ligue des champions le 20 janvier, lors du déplacement à Bodo/Glimt, en Norvège.