Municipales à Nantes : cette nouvelle liste d’extrême gauche qui menace LFI à Nantes

Municipales à Nantes : cette nouvelle liste d’extrême gauche qui menace LFI à Nantes

Margot Medkour, Arnaud Kongolo et Victoria Pressigout (en bas, de gauche à droite), entourés de militants de Nantes Populaire !, en décembre 2025. Simon Cherner, Le Figaro

Soutenue en 2020 par LFI, Margot Medkour se lance cette fois seule dans la bataille pour la cité des ducs. Porteuse d’un programme de rupture avec le socialisme bon teint de la municipalité, sa campagne radicale parasite la stratégie des Insoumis en s’adressant au même vivier électoral.

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La liste était pressentie, elle est désormais déclarée. Une nouvelle candidature a éclos à Nantes, à la gauche de la gauche, en vue des élections municipales. En complément de la liste de la maire socialiste sortante, Johanna Rolland, alliée aux écologistes locaux, ainsi que de la campagne menée par La France insoumise, le mouvement citoyen Nantes populaire ! est sorti du bois, jeudi 8 novembre, adoubant sa candidate et tête de liste, Margot Medkour. Révélée au cours des municipales de 2020, la Nantaise au programme radical, alors soutenue par LFI, avait frôlé la ligne du second tour, avant d’être mise sur la touche par les socialistes. Six ans plus tard, elle espère capitaliser sur la fatigue de l’ère Rolland. Au risque de s’entre-déchirer avec ses anciens soutiens insoumis.

Sur le papier, l’adversaire le plus immédiat reste toutefois la majorité rose et verte de Johanna Rolland, l’édile au pouvoir depuis 2014. «Nous sommes partis d’un constat simple: à Nantes, les classes populaires sont désormais évincées, repoussées hors de la ville. Cela découle d’un choix politique de la majorité, qui favorise les classes privilégiées dans une logique de montée en gamme de la métropole», constatait Margot Medkour en décembre.

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«Gauche de rupture»

Son remède contre le spectre de l’embourgeoisement ainsi décrit ? La «justice spatiale» déclinée au moyen d’un RER métropolitain et d’un développement ainsi que d’une mise en gratuité partielle du réseau des bus. «L’enjeu du passage de la voiture aux transports en commun est un enjeu social, de santé publique et écologique», résume un communiqué de Nantes Populaire ! diffusé jeudi, en rappelant que le temps annuel passé dans les embouteillages, au sein de l’agglomération nantaise, a bondi de 30 heures en moyenne à près de 99 heures, entre 2014 et 2024. D’autres propositions du collectif concernent la création de supermarchés municipaux, la lutte contre la «touristification» croissante de Nantes ou encore la création de 10.000 chambres à bas prix, notamment pour la population étudiante.

L’entrée en campagne de Nantes populaire ! a jeté un froid au sein des Insoumis. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, porté dans la cité des ducs par William Aucant et Erika Cadersah, est désormais menacé de voir son électorat s’éparpiller entre les deux listes censées représenter la «gauche de rupture». La situation est d’autant plus dangereuse que la France insoumise a accumulé les déboires à Nantes, avec plusieurs mois difficiles qui ont vu la campagne vaciller, s’interrompre puis reprendre, enfin, malgré quelques troubles persistants. Début décembre, le député insoumis Andy Kerbrat s’était même aventuré à imaginer une union des gauches au second tour, pour faire barrage au candidat de la droite, Foulques Chombart de Lauwe. Une hypothèse jugée au mieux prématurée, au pire défaitiste en interne.

La liste Nantes en commun portée par Margot Medkour aux élections municipales de 2020 avait obtenu près de 9% des suffrages exprimés lors du premier tour. Après avoir également participé aux départementales de 2021, le mouvement s’était fracturé après des dissensions internes. Depuis, Margot Medkour s’était notamment engagée au sein du collectif Sauvons les Gohards, opposé à «l’écologisme de vitrine» d’un projet de zone d’aménagement concerté en chantier dans l’est de l’agglomération nantaise. Deux autres listes d’extrême gauche sont également sur la ligne de départ pour les municipales, respectivement portées par Lutte ouvrière ainsi que par le Nouveau parti anticapitaliste.

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