« Là, ce sont les chaussettes un peu épaisses, façon sport. Ici, les pièces plus confortables. Dans cette boîte-ci, il y a celles en laine. Et, là, mes préférées, des modèles masculins à porter avec un costume . » Via FaceTime, Élisa, styliste de profession, nous fait la visite de sa collection de chaussettes. « J’ai un très grand tiroir Ikea plus ou moins trié pour mes paires personnelles, et deux boîtes à la cave que j’ai archivées pour le travail », détaille-t-elle.
Créer le bon look est son métier et elle en est persuadée : la chaussette est une partie clé. « C’est la raison pour laquelle j’en ai un nombre assez conséquent », confesse-t-elle avant d’asséner : « Si je n’ai pas les bonnes chaussettes, je peux changer de tenue ! » Pauline, une consœur styliste, partage son avis. « Un mauvais choix peut tout casser, assure-t-elle. Imagine que tu portes une jupe mignonne et de beaux mocassins . Si tu mets des vieilles paires de sport qui peluchent, ça change tout. »
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Si on retrouve la trace des mi-bas utilisés pour protéger les pieds dès l’an 2000 avant J.-C., l’accessoire revêt déjà à la Renaissance une symbolique sociale. Aujourd’hui, il est même un témoignage de style. Au point de lancer certains dans une quête de la chaussette parfaite. Il y a les obsédées des modèles noirs, les groupies du fil d’Écosse ou du « made in Italy », les pointilleuses qui les choisissent dans la même marque que celle de leurs souliers, les inconditionnelles du cachemire ou de la soie naturelle…
« Lorsque j’ai travaillé au rayon sous-vêtements du Printemps, en 2018, un collègue m’a initiée aux chaussettes de qualité, en m’expliquant les différents tissages et le savoir-faire de marques spécialisées, comme Doré Doré, se rappelle Héléna, désormais attachée de presse. Elles sont douces, parfaitement adaptées à la forme du pied, les coutures sont bien placées pour ne pas gêner dans la chaussure. Depuis, je suis accro ! »
Dès que je m’assois, on les voit. C’est plus qu’un détail de mon look, un véritable accessoire.
Laurie, journaliste
Bresciani, Tabio, Charvet, Gammarelli… Des marques vénérables se sont bâti une sérieuse réputation dans la chaussette de haute qualité. Un luxe mérité pour les pieds qui peuvent se le permettre. « Je me suis résigné à arrêter d’acheter des chaussettes en cachemire chez Bleuforêt car mon chien les dévore à chaque fois », rigole Henri, qui, depuis, offre des paires Uniqlo (plus abordables mais non moins plébiscitées) aux crocs acérés de son compagnon à quatre pattes.
Laurie, journaliste, a développé une addiction à Calzedonia. « En 2015, je suis rentrée pour acheter des collants et je suis tombée sur une paire de chaussettes à paillettes. À cette époque, je m’habillais assez simplement, avec des jeans, des sweats et des Stan Smith . J’avais envie d’agrémenter ma tenue. Quoi de mieux qu’une paire de chaussettes ? C’est là que j’ai commencé à accumuler les modèles ! » Désormais propriétaire d’un stock conséquent, Laurie pense méticuleusement son choix au quotidien. « Dès que je m’assois, on les voit. C’est plus qu’un détail de mon look, c’est un véritable accessoire. »
Un statut qui vaut à la chaussette de ne pas être imperméable aux tendances. C’est ainsi que, dans sa version blanche, elle est redevenue signe de bon goût dans les mocassins en cuir, là où, autrefois, elle signait la ringardise. À l’inverse, les chaussettes basses que portent les millennials sont la faute de goût ultime pour la génération Z sur TikTok. Autre détail qui ne trompe pas, elle est omniprésente chez Miu Miu à toutes saisons et sur les podiums du printemps-été 2026 chez Dries Van Noten (assortie aux couleurs des sneakers) ou chez Courrèges (à celles des mules), chez Louis Vuitton en une version oversized richement décorée, chez Celine, d’humeur preppy, chez Lacoste, tirée jusqu’aux genoux, dans un esprit sportif et coloré, etc.
Reste la brûlante question : qu’est-ce donc qu’une chaussette parfaite ? « Elle doit être dans la bonne matière, avec une maille jolie et des côtes de la bonne taille », détaille Pauline. La marque allemande Falke et la japonaise RoToto emportent les faveurs de nos deux stylistes. Les motifs chez Paul Smith aussi. Côté matière, le fil d’Écosse se voit hissé au rang de summum du chic. Mais, comme le rappelle Pauline, la chaussette n’est jamais aussi bien trouvée que lorsqu’elle s’accorde avec ce que l’on porte. « J’en possède certaines que je ne mets que deux fois l’an, une paire en velours pourpre sublime, mais qui ne va pas avec tout. »