PSG-OM : exporté au Koweït, en l'absence des supporters des deux clubs, le Trophée des champions délocalisé fait éternellement débat

Après la Chine, Israël et le Qatar, les trois derniers pays étrangers à avoir accueilli le Trophée des champions, c’est au tour du Koweït d’être l’hôte de ce match, jeudi 8 janvier. Pour cette rencontre, organisée entre le champion de France de L1 et le vainqueur de la Coupe de France (ou le deuxième de L1 s’il s’agit du même club, comme pour cette édition), les joueurs du PSG et de l’OM ont donc parcouru plus de 4 000 kilomètres, mais ne sont pas forcément suivis de leurs supporters. 

Des 60 000 places du stade Jaber Al-Ahmad, combien seront occupées jeudi soir ? Les groupes de supporters marseillais ne seront pas présents pour voir leur équipe tenter de remporter un premier trophée depuis près de 14 ans, puisqu’ils ont annoncé en décembre un boycott de l’événement, jugé "pas compatible avec la culture Ultra". Et cela malgré la proposition de l’OM de prendre en charge une partie des frais pour 150 supporters, qui auraient dû s’acquitter de "seulement" 150 euros pour être de la partie.

Ils ont reçu le soutien de leur entraîneur, Roberto De Zerbi. "Mon avis reste le même : la Supercoupe de France, ou la Supercoupe d’Italie, doit se jouer dans le pays en question, devant les supporters des clubs. Mais j’irai au Koweït car c’est mon travail et qu’on est fiers de disputer ce match", a-t-il affirmé en conférence de presse le 2 janvier.

Pas assez d'intéressés côté parisien

Du côté du PSG, qui a remporté onze des douze dernières éditions (Lille l’a remporté en 2021), pas de boycott annoncé de la part des supporters. Le club parisien leur avait même proposé une offre à 800 euros comprenant le vol aller-retour, des repas à bord de l’avion, des navettes sur place, et un billet pour le match. Mais cette offre n'a pas rencontré un franc succès. Le déplacement des supporters a donc été annulé, le nombre de participants étant insuffisant, selon les informations d'Ici Paris Ile-de-France.

Depuis 2009, le Trophée des champions est organisé à l’étranger, afin "d’internationaliser le football français". Le Canada, la Tunisie, le Maroc, les Etats-Unis, le Gabon et l’Autriche ont également accueilli ce match, en plus de la Chine, d’Israël et du Qatar, cités plus haut. Une délocalisation qui fait grincer des dents. "Pour justifier cette délocalisation, les défenseurs du 'foot business' nous expliquent que le football français doit 'évoluer' pour exister face aux grands championnats européens, et que la recherche de nouveaux débouchés économiques est la priorité absolue. Cette vision mercantile n’est pas la nôtre et cette quête effrénée de nouveaux téléspectateurs, alors même que les plus fervents supporters français sont considérés comme indésirables voire chassés des stades, est une grande leçon de cynisme", écrivait la Brigade Loire, section de supporters du FC Nantes, dans un communiqué en 2022, annonçant boycotter le match à Tel Aviv.

En 2025, les supporters monégasques avaient voulu déployer des banderoles "Le Qatar tue le foot français" et "Trophée des champions : envoyez les U13" lors d'un match de championnat, mais ces dernières avaient été censurées. Ils avaient alors fait une grève des encouragements lors d'une rencontre face au PSG en Ligue 1 pour dénoncer la délocalisation du match à Doha.

Exceptionnellement en 2020, le Trophée des champions s’était tenu à Lens mais à huis clos en raison de la pandémie de Covid-19. Et en 2023, il n’avait pas manqué de créer la polémique, même en étant organisé en France, puisque l’affiche PSG-Toulouse avait eu lieu au Parc des Princes, un stade jugé assez peu neutre par les supporters toulousains.