Mr Nobody Against Putin, Father Mother Sister Brother... Les films à voir et à éviter cette semaine

Ma frère - À voir

Comédie de Lise Akoka et Romane Guéret - 1 h 52

Trois ans après Les Pires, lauréat du prix Un certain regard à Cannes en 2022, le duo de réalisatrices poursuit son exploration de la jeunesse actuelle avec drôlerie et sensibilité. Ce que capte formidablement Ma frère, c’est la justesse d’une vie au grand air, avec cette force collective des enfants qui découvrent la nature et organisent leur nouvelle vie en communauté. Montage des tentes, courses au village, virées en canoë-kayak : tout sonne juste. On pense autant à Nos jours heureux  (2006) qu’à Un p’tit truc en plus  d’Artus (2024). Et l’on finit par capituler devant cette énergique variation contemporaine autour du film de colonies de vacances qui parvient à tresser une ode au vivre-ensemble sans pour autant tomber dans le pathos ou le prêchi-prêcha. O. D.

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Mr Nobody Against Putin - À voir

Documentaire de Pavel Talankin et David Borenstein - 1 h 30

Le « Monsieur Personne » du titre, Pavel « Pasha » Talankine est au départ « coordinateur événementiel » dans une école russe au fin fond de l’Oural. Il est notamment chargé de filmer la chorale ou les cérémonies de remise de diplôme. Quand Vladimir Poutine lance l’« opération militaire spéciale » en Ukraine, c’est une autre musique que la caméra enregistre. Amoureux de son pays et atterré par le lavage de cerveau, Pasha renonce à démissionner. Il continue à filmer le quotidien de l’école avec le projet secret de documenter le caractère implacable du bourrage de crâne poutinien. Il transmet ses rushs à David Borenstein, documentariste américain chevronné. Borenstein commence le montage de ce qui devient une chronique tragicomique, parfois absurde, souvent terrifiante, de la zombification du peuple russe. É. S.

Father Mother Sister Brother - À éviter

Drame de Jim Jarmusch - 1 h 51

On dirait que Jim Jarmusch s’est évertué à remplir des creux avec du vide. Si tel était le but, la réussite est totale. Le cinéaste aurait voulu nous prouver que le minimalisme se confondait avec l’indigence, il ne s’y serait pas pris autrement. Dans ce film à sketchs qui a reçu le lion d’or à Venise, Jarmusch, dont l’énergie n’a jamais été la qualité principale, ne se presse pas. La famille est pourtant la chose la plus romanesque qui existe. Il en fait une comédie amorphe, un drame sans ressort. Il y a des dialogues débités d’un ton sépulcral, une vieille Chevrolet, une Rolex qui est sans doute une contrefaçon, la phrase « Le roi n’est pas mon cousin » qui revient à plusieurs reprises, des skateboardeurs filmés au ralenti. En sortant, pour se remonter, on rêve d’un bon, d’un solide whisky. É. N.

Les Échos du passé - À éviter

Drame de Mascha Schilinski - 2 h 29

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Qui sera le prochain à avoir sa photo sur le buffet de la salle à manger ? Pas l’aïeule, qui n’est pas pressée de quitter ce monde. En revanche, Alma a 7 ans et se demande pourquoi elle apparaît déjà dans ce mausolée photographique. Cette interrogation sert de porte d’entrée au film de Mascha Schilinski. La réalisatrice se penche sur la continuité des liens et les failles qui déstabilisent les fratries. Elle le fait en convoquant des fantômes, des grondements, des mouches et une rivière. Il est fort difficile de se repérer dans ce récit, qui se veut philosophique et poétique. Une idée traverse toutefois ce film prétentieux : ce qui a été sera ou se répétera. La réalisatrice nous dit aussi qu’il y a une vie après la mort et que chacun de nous est un puzzle dont certains morceaux appartiennent à d’autres. F. V.