Les salariés de l’usine Elkem de Saint-Fons retrouvent ce lundi le site pour la première fois depuis l’explosion qui a tué deux salariés le 22 décembre dans la «Vallée de la chimie» lyonnaise.
Passer la publicité Passer la publicitéIls vont retrouver leur usine pour la première fois depuis le drame. Les salariés de l'usine chimique Elkem Silicones, située à Saint-Fons, en banlieue sud de Lyon, se retrouveront sur le site lundi, pour la première fois depuis l'explosion qui a coûté la vie à deux de leurs collègues. La journée de reprise après les congés de fin d'année, sera «focalisée sur les employés» avec des réunions d'information, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'entreprise, Guillaume Artois. La reprise de la production n'est prévue que le lendemain, a-t-il ajouté.
Le 22 décembre, une explosion est survenue dans un atelier pilote du site, faisant quatre blessés: un ingénieur chimiste, deux techniciens spécialisés et une personne du département santé environnement. Deux d'entre eux, des hommes de 47 et 55 ans, sont décédés dans les jours qui ont suivi. L'origine de l'explosion dans ce site classé Seveso seuil haut, situé au cœur de la «Vallée de la chimie», au sud de Lyon, est pour l'heure encore indéterminée.
Passer la publicitéLe parquet de Lyon a ouvert une enquête pour «blessures involontaires par personne morale» et «homicide involontaire par personne morale dans le cadre du travail», confiée à la Division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) et à la Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS). Les syndicats CGT et CFDT ont indiqué leur intention de se porter partie civile. Elkem avait déjà connu un accident mortel en 2016. Un liquide très inflammable s’était alors échappé d’un fut. L’entreprise de la victime, GT Logistics, et Elkem Silicones, avaient été condamnés par la justice à des peines d’amende.
Une huile hydrogénée à l’origine du drame ?
Selon les premiers éléments, c’est une huile hydrogénée en cours de «dévolatilisation» qui serait à l’origine de l’explosion, a indiqué une source interne au Figaro. Ce produit et cette manipulation sont «classiques» sur le site. Le laboratoire a pour mission de développer des procédés et de les éprouver jusqu’à leur industrialisation. L’accident avait déclenché une importante opération de secours dans ce secteur extrêmement sensible.
Le site a bénéficié d'investissements de plus de 25 millions d'euros entre 2019 et 2025 pour la sécurité, la prévention des risques industriels, selon une source proche de l'entreprise. Il avait aussi fait l’objet de plusieurs mises en demeure préfectorales, notamment pour des non-conformités en matière de sécurité. L’une d’elles a abouti à une amende.
L'atelier pilote, qui avait fait l'objet d'une inspection une semaine avant l'accident, a de son côté reçu un investissement de trois millions d'euros au cours des trois dernières années pour le remplacement de matériel et la réfection d'infrastructures.