Top 14 : «Nouvelle énergie», «nouveau plan», le Stade Rochelais se réfugie dans la positive attitude

Ne pas gâcher la fête. Ce dimanche soir, en clôture de la 14e journée du Top 14, le Stade Rochelais reçoit Toulon en un jour anniversaire : le 10e de son premier ‘’guichets fermés’’. C’était le 2 janvier 2016, pour la venue de Castres. Depuis, le stade Marcel Deflandre a accueilli 111 rencontres de Top 14 en faisant à chaque fois le plein. Soit 1 799 680 spectateurs cumulés. Impressionnant. Une ferveur qui oblige les joueurs. D’autant qu’ils ont beaucoup à se faire pardonner.

La semaine dernière, les Maritimes de Grégory Alldritt ont explosé à Toulouse. Une déroute 60 à 14 qui a fait très mal. La Rochelle venait se jauger, espérait faire bonne figure. Pour repartir plein de doutes, la confiance ruinée. «La dernière fois qu’on a pris plus de 60 points, c’était à Castres (67-20) en mai 2016, se souvient le vétéran Uini Atonio en grimaçant. C’est bizarre parce qu’on y était allés avec une grosse équipe et j’ai l’impression qu’on avait bien commencé le match... Mais on a pris une leçon, le tarif maison chez eux. On a appris, mais là, il faut vite tourner la page car c’est un autre gros morceau qui arrive. Si on n’est pas prêts, ça peut être très dur. La priorité, c’est de gagner car quand tu en prends 60 la semaine précédente, ça peut vite partir dans le négatif…»

« On peut, on doit, donner une autre image dès ce dimanche. On a mal vécu ces 60 points. Mais il faut continuer à tracer notre chemin, ne surtout pas s’arrêter à ça. »

Nolann Le Garrec
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Un avertissement partagé par Nolann Le Garrec. Le demi de mêlée, de retour de blessure pour affronter le RCT. «Cette défaite nous marque forcément, mais à nous de nous en servir et de vite basculer. En tirer les enseignements tout en passant à autre chose. On peut, on doit, donner une autre image dès ce dimanche. On a mal vécu ces 60 points. On sait où on se situe par rapport au Stade Toulousain. Mais il faut continuer à tracer notre chemin, ne surtout pas s’arrêter à ça. Je ne suis pas inquiet. Je connais la qualité des joueurs qui composent ce groupe. Quand on aligne les planètes, on est capable de performer. Je pense au match contre Bayonne ou Lyon...»

Le numéro 9 se veut rassurant, voire optimiste. «Les leviers de motivation sont tout trouvés quand tu as pris 60 points le week-end d’avant. Tu as envie de montrer une autre image. Jouer à la maison, c’est un plus. Ce sont les dix ans (du premier guichets fermés), c’est encore mieux. On sait que nos supporters sont toujours présents, dans les bons comme dans les mauvais moments. Le championnat est long. D’un week-end à l’autre, on peut avoir des émotions différentes. L’équipe avait un bon niveau de confiance après Bayonne, il l’est moins après Toulouse. On est remis en question chaque semaine, c’est comme ça en Top 14...»

Le discours du manager irlandais, Ronan O’Gara, a été entendu. Et la réaction est attendue. «On est tous un peu perturbés par le week-end dernier. Heureusement qu’il y a un match pour essayer d’oublier. Après la défaite, il y a eu de très bonnes discussions menées par les leaders et par des joueurs expérimentés. Je sais désormais ce qu’on doit faire pour que cette équipe progresse, mais je ne vais pas partager ça avec vous. De toute façon, en ce moment, je préfère parler moins et coacher plus», élude le technicien en souriant.

« Je trouve qu’il y a une nouvelle énergie depuis le début de la semaine après notre lourde défaite à Toulouse »

Ronan O’Gara

Il assume cependant sa part dans l’échec cuisant face au Stade Toulousain. «Je dois lever la main pour certaines choses. J’ai proposé de jouer d’une certaine manière et ce n’était pas la bonne tactique. Je suis plus responsable que les joueurs pour ce choix. Mais je pense qu’on est également tous un peu déçus par le niveau d’agressivité qu’on a montré contre Toulouse. Je pense que la solution est assez simple. Et je trouve qu’il y a une nouvelle énergie depuis le début de la semaine après cette lourde défaite.»

Ronan O’Gara s’efforce de chasser la morosité. D’entretenir l’espoir de lendemains qui chantent. «C’est impossible pour nous aujourd’hui de penser qu’on peut battre Toulouse. Mais, si on reste soudés et qu’on s’entraîne beaucoup mieux, j’espère, je pense, qu’on peut faire la différence dans six mois. La vérité de juin n’est pas celle de décembre. On dispose de six mois pour essayer - on ne peut pas dire de battre Toulouse - mais de battre les grandes équipes de ce championnat.»

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Ça commence par Toulon ce dimanche soir. «J’espère tout simplement qu’on va mieux jouer. Enfin, ça ne va pas être difficile de mieux jouer que contre Toulouse, s’amuse l’Irlandais. Notre équipe a des armes, mais on n’est pas capable de les montrer semaine après semaine. Le but, pour moi, est de lui donner confiance pour qu’elle soit plus constante. Et si on continue de considérer le rugby comme un jeu, on ne battra pas les meilleurs dans six mois. Donc on évacue le passé et on fait un nouveau plan de jeu pour la seconde partie de la saison. Mais le point clé, ce sera l’investissement que les joueurs vont mettre dans ce projet...»

« Nolann Le Garrec n’a pas choisi de venir ici pour être en reconstruction. Il est venu pour être l’un des meilleurs joueurs du monde. On ne se cache donc pas derrière ça. »

Ronan O’Gara

Et d’avertir. «Je n’utilise pas le mot reconstruction. Nolann Le Garrec n’a pas choisi de venir ici pour être en reconstruction. Il est venu pour être l’un des meilleurs joueurs du monde. On ne se cache donc pas derrière ça. Ce n’est pas mon intention.» Son demi de mêlée non plus, qui donne la marche à suivre : «Le top, ce serait de pouvoir enchaîner les belles performances chaque week-end. Mais la réalité de notre équipe, ce sont des sentiments contradictoires selon les semaines. Il faut être capable de réussir une série de 3-4 matchs positifs pour basculer dans la bonne partie du tableau.» Une ambition partagée par une dizaine d’équipes à l’heure de basculer dans la phase retour du championnat.