Ce n’est « même pas la peine d’essayer d’entrer côté pyramide », nous dit Gary Guillaud, face à la foule qui s’agglutine autour de l’entrée principale du musée à la mi-journée du dernier jour de l’année 2025. Nous ferons notre entrée passage Richelieu, où, là aussi, la file d’attente s’allonge et le personnel chargé du désengorgement s’active pour essayer de maintenir un semblant d’ordre.
Un premier symptôme des nombreux dysfonctionnements que connaît le Louvre, dans la tourmente depuis le vol des bijoux de la couronne de France, le 19 octobre. Ce cambriolage spectaculaire a révélé au monde entier les problèmes de sécurité et de sous-effectif sur lesquels alertent les syndicats depuis déjà plusieurs années, sans que la direction n’en tienne vraiment compte.
Presque un mois après le vol, le 17 novembre, la galerie Campana fermait ses portes au public à la suite de la détection de « faiblesses structurelles sur les planchers du deuxième étage » qui, en clair, menaceraient de s’effondrer. Dix jours plus tard, une fuite d’eau endommageait plusieurs centaines d’ouvrages de la bibliothèque des antiquités égyptiennes.
« La première fois que des conservateurs font grève »
Le 15 décembre, les employés du Louvre se mettaient massivement en grève. Une mobilisation qui a rassemblé la quasi-totalité du personnel. « Depuis 2003, c’est la première fois que des conservateurs viennent nous demander comment se mettre en grève. Je n’ai jamais vu...