La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a de nouveau appelé à la "désescalade", samedi 3 janvier, dans un entretien à La Tribune Dimanche. Les syndicats agricoles rencontreront le Premier ministre en début de semaine, et veulent relancer la mobilisation face notamment à la crise de la dermatose bovine. La ministre a réclamé la fin des blocages – "cela est la responsabilité des organisations syndicales" – et appelé à sanctionner les violences et les dégradations, "œuvre d'une minorité". Annie Genevard ajoute que les syndicats préciseront leurs attentes ces prochains jours sur leurs "problèmes structurels ", alors que Matignon avait promis des "annonces (...) dès ce dimanche".
La ministre a estimé que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'UE, entré en vigueur le 1er janvier, pénalisait les céréaliers importateurs d'engrais et déclaré qu'elle avait "déjà agi pour réduire la facture de plus de moitié". Son coût "reste tout de même de 4 000 euros par an par exploitation", a-t-elle ajouté. "Nous voulons un coût zéro pour nos agriculteurs." Le Premier ministre Sébastien Lecornu, dit-elle encore, a écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à ce sujet. Et le chef de l'exécutif entend désormais rallier d'autres pays européens pour "exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais".
Mercosur : vers une mesure conservatoi re pour la France ?
Annie Genevard s'est également exprimée sur le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur. Ce texte suscite toujours une forte opposition dans le monde agricole et sa signature a été reportée au 12 janvier. La ministre précise avoir "activé une mesure conservatoire applicable à la France et sur laquelle Bruxelles devra se prononcer". Celle-ci consiste à "suspendre l'importation de denrées d'Amérique du Sud qui contiennent des substances interdites en Europe".
La ministre a par ailleurs appelé les députés "à la responsabilité", avant la reprise des discussions budgétaires jeudi. "Le fait que le budget ait été retoqué par le Parlement suscite une énorme préoccupation, notamment pour l'agriculture", déclare-t-elle. "De nombreux dispositifs, comme le plan viticole, dépendent de l'adoption rapide d'une loi de finances."