Saint-Malo : une commune qui vit et souffre du tourisme

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C'est la ville la plus touristique de Bretagne, entourée par la mer et les remparts de la cité corsaire. Chaque été, la vieille ville de Saint-Malo est noire de monde, visitée par 3 millions de touristes qui font la queue devant les crêperies et les commerces de souvenirs. C'est ici qu'a choisi de vivre Pascal Poulain. Après 32 déménagements, cela fait 8 ans que ce directeur d'entreprise dans la chaussure a posé ses valises pour profiter de la vue."Quand on entend la mer tous les jours, quand on se promène dans ces rochers, sur ces pierres, c'est fabuleux. C'est fabuleux. Il n'y a pas un moment où moi, je ne suis pas émerveillé", confie Pascal Poulain habitant de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Mais une fois les touristes partis, ces pas résonnent dans les rues vides. La population du centre historique a été divisée par 5 en 40 ans. Un tiers des logements sont des résidences secondaires, sans compter les locations courte durée."Notre immeuble c'est 42 appartements, 2 Airbnb, une douzaine à l'année et le reste des résidences secondaires qui ne sont pas beaucoup occupées. Tous ces appartements vides, encore des volets fermés derrière vous, je trouve ça triste", explique Pascal.

Un désert de pierre l'hiver et la semaine, la cohue l'été et le week-end

Les habitants s'adaptent. Intra-muros, il reste cette école primaire où la fille de Pascal Poulain est scolarisée. Il y a aussi un marché ouvert deux jours par semaine. Le dernier boucher a fermé pour être remplacé par une boutique de souvenirs gourmands. Mais la poissonnerie est ouverte. Des commerces qui font vivre le quartier toute l'année. La poissonnière, quant à elle, réfute ce qualificatif. "On est extrêmement attachés à notre quartier. C'est même intrinsèque et on ne le considère pas du tout comme un musée. On a l'avantage de tout se connaître. Je connais tous les gens qui sont là par leur nom, par leur prénom. Je sais combien ils ont d'enfants. Je prends des nouvelles de la famille. Et en même temps, on a ce côté extrêmement enrichissant d'avoir du monde qui vient l'été, qui vient du monde entier", indique Claire Guinemer, poissonnière.

Le libraire, lui, s'est habitué à alterner entre les périodes d'affluence et comme aujourd'hui, le calme plat. "C'est vraiment calme en semaine, du lundi au vendredi. Et puis le samedi-dimanche, beaucoup plus actif", raconte François Thominet, libraire. Mais il n'habite plus la vieille ville. Son épouse et lui vivaient mal le fait d'être enfermé dans les remparts. Pour que le quartier ne soit pas réservé aux touristes, le maire y a installé ce cabinet médical et transformé en logement plusieurs bâtiments publics. Les locations de courte durée sont soumises à autorisation et limitées à 12,5% du parc de logement. Mais cela s'est-il traduit par plus d'habitants permanents ?"Je ne sais pas vous dire combien de logements ont été remis en location ou en vente pour de l'habitat permanent. Je pense qu'on a mis un terme, un stop à l'inflation de logements qui se transformaient petit à petit en location de courte durée", déclare Gilles Lurton, maire (LR) de Saint-Malo. C'est un jeu d'équilibriste, maintenir une ville vivable sans porter préjudice au tourisme. Aujourd'hui, le secteur fait vivre 2600 personnes à l'année, soit 10% de l'emploi total de la ville.

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