Le correspondant de la radio allemande Deutsche Welle au Niger, Gazali Abdou, a été arrêté et incarcéré vendredi 23 janvier à Niamey, a appris l'AFP auprès de ce média. Son incarcération intervient au lendemain de la "remise en liberté provisoire" d'Ali Soumana, patron de l'hebdomadaire Le Courrier.
Celui-ci avait passé plus de quatre mois en détention préventive, à la suite d'une plainte du Premier ministre nigérien. Le chef du gouvernement avait été cité dans un article publié par l'hebdomadaire sur une affaire de "fraude de cigarettes", portant sur "plusieurs milliards de francs CFA" (plusieurs millions d'euros) et impliquant d'autres personnalités.
Le Niger est dirigé depuis plus de deux ans par un régime militaire, dont la répression des voix discordantes et de la presse est régulièrement dénoncée par des ONG internationales.
Une arrestation à la suite d'un reportage sur des réfugiés
La Deutsche Welle n'a pas donné de détails sur les motifs de l'incarcération de Gazali Abdou. Elle ferait suite, selon des témoignages de ses proches sur les réseaux sociaux, "à la réalisation d'un reportage consacré aux conditions de vie des réfugiés nigérians résidant actuellement à Niamey".
Ce reportage, réalisé en langue haoussa et publié le 15 janvier sur le site de la Deutsche Welle, montre des dizaines "de migrants et de réfugiés nigérians", majoritairement des femmes et des enfants, réfugiés dans des cimetières ou des bâtiments en friche de la capitale, assis à même le sol sous un soleil de plomb. "Le site où nous dormons a été incendié et nous avons tout perdu y compris des vivres la Croix-Rouge nous a offerts", se désole une jeune réfugiée interviewée.
Le mardi suivant, le ministre des Affaires étrangères nigérien avait reçu une délégation de l'ambassade du Nigéria, pour évoquer "la situation d'environ 1 300 réfugiés Nigérians installés à Niamey", reconnaissant leur "situation particulièrement douloureuse", selon un communiqué du ministère.