Israël n’a jamais été discret concernant sa répression de l’agence onusienne. Les attaques répétées ont atteint un point culminant ce mardi 20 janvier, quand des bulldozers israéliens ont fait irruption dans l’enceinte du siège de Jérusalem-Est de l’UNRWA et y ont démoli plusieurs structures.
L’UNRWA existe depuis 1949 et s’engage plus de sept décennies pour venir en aide aux réfugiés de Palestine dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Cette agence, dont plus de 300 employés ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, compte encore environ 12 000 personnes travaillant pour elle à l’intérieur de ce territoire palestinien.
« Tôt ce matin, les forces israéliennes ont pris d’assaut le siège de l’UNRWA, un site des Nations Unies, à Jérusalem-Est. Des bulldozers ont pénétré dans l’enceinte et ont commencé à démolir les bâtiments à l’intérieur, sous le regard de parlementaires et d’un membre du gouvernement. » a déclaré Philippe Lazzarini, le commissaire général de l’UNWRA.
Roland Friedrich, le directeur de l’agence en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, a dénoncé ce matin « une attaque sans précédent » et « une violation grave du droit international ainsi que des privilèges et immunités des Nations unies ». Jonathan Fowler, porte-parole de l’agence, a quant à lui souligné : « Comme tous les États membres de l’ONU, Israël est tenu de protéger et de respecter l’inviolabilité des locaux de l’ONU ».
« Une violation flagrante » du droit international
« Le complexe ne bénéficie d’aucune immunité et sa saisie par les autorités israéliennes a été effectuée conformément au droit israélien et international », a affirmé par la suite le ministère des Affaires étrangères israélien. Cette déclaration est pourtant catégoriquement contredite par le secrétariat de l’ONU, qui qualifie régulièrement l’UNWRA dans ses publications comme « organe subsidiaire de l’ONU ».
L’annexion d’Israël du siège de Jérusalem-Est est donc un nouvel exemple de violation du droit international. Celui-ci, reconnaissant clairement les locaux de l’UNRWA comme faisant partie intégrante des « biens et avoirs de l’Organisation des Nations Unies » permet donc de reconnaître « l’entrée des autorités israéliennes dans les locaux de l’UNRWA, ainsi que les perquisitions et saisies effectuées [comme] une violation flagrante de ces dispositions », écrit Andreas Zimmermann, professeur de droit international et européen à l’université de Potsdam, en Allemagne, et directeur du Centre des droits de l’homme de Potsdam.
L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine est régulièrement la cible d’attaques venant d’Israël. Celui-ci a interdit à l’agence d’opérer sur son sol, l’accusant d’être « infestée par des agents du Hamas ». C’est sans compter les fermetures d’écoles (bloquant par conséquent l’accès à l’éducation pour des milliers d’enfants palestiniens) et les nombreux blocages d’aide humanitaire d’Israël envers une agence qui a presque un rôle de service public au sein des camps de réfugiés.
Cette irruption dans les locaux, bien que sans précédent, est un exemple parmi beaucoup d’autres de la vocation politique d’empêchement que mène Israël à l’encontre des tentatives d’aide humanitaire misent en place pour le peuple palestinien. Selon Lazzarini, il s’agit d’une « conséquence directe de la loi adoptée par le Parlement israélien en décembre, qui a renforcé les lois anti-UNRWA existantes, adoptées en 2024 ».
Israël affirme par ailleurs, sans preuves concluantes selon une enquête de l’ONU, que certains employés de l’UNRWA auraient été impliqués dans l’attaque du 7 octobre. Plus récemment, le 8 décembre 2025, le complexe de Sheikh Jarrah du siège de Jérusalem-Est avait été perquisitionné par Israël, sous couvert de « recouvrement de dette ».
Pour Philippe Lazzarini, « Ce qui arrive aujourd’hui à l’UNRWA arrivera demain à toute autre organisation internationale ou mission diplomatique, que ce soit dans le Territoire palestinien occupé ou ailleurs dans le monde. »
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