Louangé par une star All Black, en compétition avec son frère…, cinq choses à savoir sur Wilfried Hulleu, le nouveau serial marqueur du Racing 92

Il ne doute pas en ses capacités

Il se dit timide, voire introverti. Mais, une fois sur le terrain, Wilfried Hulleu oublie ses réserves et chasse tout doute. Et assume avoir pour objectif viscéral de marquer des essais. «Certains n’y pensent pas, moi je l’avoue, c’est mon but, je joue pour marquer», affirmait-il quand il portait les couleurs de Grenoble en Pro D2. Désormais au Racing 92 depuis l’été dernier, il n’a pas changé d’optique ni d’ambitions. «Je sentais que j’avais le niveau pour le Top 14. J’ai donc fait en sorte d’être prêt physiquement, voire un cran au-dessus des autres. Je voulais montrer que même en étant novice à ce niveau, j’étais là pour matcher.» Et d’ajouter : «Je suis conscient de mon niveau, du joueur que je suis.» Avec huit essais en dix titularisations depuis le début de la saison, il confirme tout son potentiel. Et ne compte pas s’arrêter là. «Pour moi, c’est toujours le même jeu, peu importe que je sois une division au-dessus. J’ai donc envie de continuer à marquer. J’ai envie de voir jusqu’où je peux aller. Justement, c’est encore plus beau de me dire que c’est ma première saison et que j’arrive à accrocher à ce prétendant au titre de meilleur marqueur.» Avec 8 essais, à égalité avec un certain Louis Bielle-Biarrey, il est déjà en embuscade derrière le meilleur marquer de la phase aller, le Fidjien du LOU Wainiqolo (10 essais).

En compétition avec son frère

De deux ans son aîné, l’ailier Nathanaël Hulleu évolue en Top 14 depuis cinq ans (d’abord l’UBB, puis Castres depuis 2023) avec un prêt à Pro D2 (Vannes) lors de la saison 2022-2023. Les deux frangins le revendiquent : « On se tire la bourre !» Si le Castrais était en avance (21 essais en 36 rencontres de Pro D2, 21 également en 52 matchs de Top 14), le néo-Racingman a pris l'avantage cette saison : 8 essais en 10 titularisations, 4 en 7 apparitions pour le Castrais. Avec une particularité, le 4 octobre dernier, chacun des frères a inscrit un doublé en même temps. Deux essais face à Montpellier pour Wilfried (23 ans), deux face à Montauban pour Nathanaël (25 ans). Si c’est la troisième fois dans l’histoire du Top 14 qu’une fratrie inscrit un doublé, après Arthur et Hugo Bonneval, puis Steffon et Delon Armitage, c’est une première lors de la même journée. Au micro du diffuseur Canal+, le plus jeune des Hulleu avait rigolé en apprenant la performance identique de son grand frère : «Excellent ! On s’était déjà dit la semaine dernière qu’on allait se concurrencer et qu’on allait se courir l’un après l’autre cette saison… Même s’il en a mis deux, j’ai encore de l’avance donc ça va…»

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Opposition de style

Le jour de ce double doublé, les deux frangins avaient été amenés à répondre au petit jeu des comparaisons. «On a un profil différent, avait posé Nathanaël. Il fait moins de crochets que moi mais a une vraie puissance. Et en défense, il est aussi fort et costaud.» «Nathanaël a toujours été mon exemple mais nous n’avons pas du tout le même style de jeu. Il est plus rapide, plus sur les appuis. Moi, j’aime les contacts et la défense. Sur un terrain, j’aime me déplacer, courir, me proposer, être sur toutes les actions en fait. J’ai moins de qualités que les autres mais je compense par mes efforts», avait confirmé Wilfried. Une analyse partagée par son jeune coéquipier du Racing 92, l’ouvreur Ugo Seunes : «Il aime bien bouger, dézoner, c’est un joueur qui court et qui se propose partout.»

Des louanges d’un All Black

Joe Rokocoko est entraîneur adjoint du Racing 92 en charge des skills. Il est aussi (surtout) une référence mondiale avec ses 46 essais inscrits en 68 sélections sous le maillot des All Blacks. L’ancien ailier sait donc de quoi il parle. Et il ne tarit pas de louanges envers Wilfried Hulleu. «C’est un top joueur. C’est le plus intelligent défenseur comme ailier. Il analyse bien le moment quand il monte. Il ne fait pas forcément des choses magiques comme d’autres ailiers, mais on a besoin d’efforts sans ballon qui sont très importants pour l’équipe. Et il fait peut-être deux kilomètres de plus que d’autres parce que son travail sans ballon est énorme. Un peu comme Imhoff, c’est rassurant d’avoir un joueur comme ça, surtout dans notre plan de jeu avec beaucoup de pression sous le jeu au pied.»

Il n’aime pas la grande ville

Wilfried Hulleu est né à Carcassonne, mais a grandi en Haute-Savoie, dans un petit village (Bonneville) au milieu des montagnes. Un environnement tranquille qu’il avait déjà eu du mal à quitter pour rejoindre le FC Grenoble à l’âge de 14 ans. Alors, quand il a débarqué en juillet dernier en région parisienne… «J’appréhendais un peu cette arrivée sur Paris. Je ne connaissais pas du tout, sinon la Tour Eiffel pour l’avoir visitée lorsque j’étais petit. Mais j’ai choisi de vivre juste à côté du centre d’entraînement (Le Plessis-Robinson, NDLR), c’est plus tranquille. Les dirigeants m’avaient prévenu : le Racing, ce n’est pas Paris. Et c’est vrai que c’est un peu différent.» Assez pour le rassurer et trouver ses marques au quotidien.