Par la force et la diplomatie. Ce 18 janvier, le président syrien, Ahmed Al Charaa a annoncé un accord avec les forces démocratiques syriennes (FDS), qui permet à Damas de récupérer les zones du nord et du nord-est contrôlées par les Kurdes depuis l’expulsion de l’« État islamique » en 2017.
Cet accord, confirmé par Mazloum Abdi, le commandant en chef des forces kurdes, fait suite à l’offensive de l’armée syrienne. Pour celui-ci, l’entente vise à « empêcher que cette guerre ne se transforme en guerre civile (…) et éviter de nouvelles pertes humaines et des victimes civiles inutiles ».
L’administration des deux provinces à majorité arabe, Deir ez-Zor et Raqqa, et de leurs champs pétrolifères et gaziers, revient désormais à Damas. Le pouvoir prend également le contrôle des postes-frontières avec la Turquie et l’Irak et des institutions civiles dans la province de Hassaké. La question de l’avenir de l’Administration autonome du nord-est de la Syrie (Aanes) est désormais posée ; l’intégration de ses institutions doit faire l’objet de négociations.
Dans un pays déchiré par la guerre civile, Ahmed Al Charaa a fait de l’unité et de la souveraineté du pouvoir sur l’ensemble du territoire l’une de ses priorités, comme il l’a réaffirmé à l’émissaire spécial états-unien, Tom Barrack, qui a fait pression auprès des deux parties pour l’obtention d’un accord.
Comme un gage, le président intérimaire avait reconnu vendredi, par décret, des droits inédits aux Kurdes, comme le caractère officiel de leur langue. En plus du cessez-le-feu immédiat, l’accord en 14 points prévoit l’intégration des forces kurdes au sein de l’armée et des forces de sécurité syriennes. Déjà fragilisées avant la signature, les FDS ont perdu le soutien des tribus arabes alliées jusqu’alors. La reprise de contrôle par Damas fait également les affaires de la Turquie, qui voit ainsi disparaître les rêves d’autonomie à sa frontière.
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