JO d'hiver 2030 : la loi olympique soumise à un vote solennel de l'Assemblée nationale

Les Jeux d’hiver de Milan-Cortina s’ouvrent dans moins d’un mois, le 6 février prochain, mais les députés se penchent sur ceux de 2030, dans les Alpes françaises. Le projet de loi olympique, adopté au Sénat en juin, passe, mardi 13 janvier, en vote solennel devant l'Assemblée nationale.

Le texte, qui après plusieurs reports, a des chances d'être adopté, prévoit notamment des dérogations en matière d’urbanisme, de logement, de santé. Mais les mesures les plus controversées sont celles qui concernent la sécurité.

La vidéosurveillance algorithmique, la VSA, est un dispositif qui avait déjà fait débat lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Celui-ci doit permettre de détecter plus facilement un mouvement de foule ou une présence dans une zone interdite. Alors que l’expérimentation a pris fin en mars 2025, le gouvernement avait déjà tenté de la prolonger dans le cadre d’un autre texte sur la sécurité des transports, avant d’être retoqué par le Conseil constitutionnel. Mais cette fois devrait être la bonne, puisque la loi olympique prévoit justement une prolongation jusqu’en 2027.

Insoumis et écologistes jugent le volet sécuritaire liberticide

Alors pourquoi dégainer un texte aussi tôt avant les JO d'hiver 2030, s’interrogent plusieurs députés de gauche, notamment de la France insoumise, qui craignent un glissement vers la reconnaissance faciale. Le volet sécuritaire de la loi olympique prévoit également la possibilité pour les agents privés de sécurité de procéder à l'inspection visuelle des véhicules et leur coffre. Autre mesure, une "interdiction de paraître" pour les personnes qui "constitueraient une menace d’une particulière gravité pour la sécurité publique". "Une atteinte disproportionnée aux libertés publiques", dénoncent, pour leur part, les députés écologistes.

Le PS a quant à lui annoncé son intention de voter pour ce texte "d'organisation technique", a déclaré à l'AFP le député Christophe Proença. S'il est adopté à l'Assemblée mardi, il devra faire l'objet d'un compromis entre députés et sénateurs, en commission mixte paritaire. La loi olympique est attendue comme une bouffée d'oxygène pour les organisateurs après plusieurs déconvenues, entre tensions locales ou démission de la directrice des opérations du comité d'organisation (Cojop) début décembre.