Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
À 19h30, samedi 6 décembre au soir, dans le quartier de Villejean à Rennes (Ille-et-Vilaine), des coups de feu retentissent. De sa fenêtre, une habitante filme la scène. Des hommes armés et masqués s'enfuient, rapidement suivis par les forces de police. Ils ne parviendront pas à les interpeller. Lundi matin, sur la dalle, théâtre des coups de feu, les habitantes tentent d'alerter comme elles peuvent sur cette montée de la violence devenue incontrôlable. "Ce n'est pas normal, en fait, que là on aille au carrefour. On vient à la boulangerie avec le ventre noué en se disant qu'on peut prendre des balles", s'alarme Régine Komokoli, une habitante du quartier.
"On se retrouve comme si on était à Marseille. C'est vrai que les exécutions ici, on n'en a pas forcément, mais plus on avance dans le temps, plus on a l'impression que ce qui se passe dans le sud remonte vers le nord", déclare Michelle Loret, une résidente. Cette sixième fusillade de l'année ravive la blessure d'un quartier sous tension depuis plusieurs mois, pris dans l'engrenage d'une guerre de territoire entre narcotrafiquants pour le contrôle des points de deal. "Le point est intéressant, donc il intéresse d'autres équipes ailleurs, que ce soit à Rennes ou dans d'autres villes, et essaie de maîtriser le point avec une démonstration de force pour dire 'c'est chez nous'", estime Frédéric Gallet, délégué départemental du syndicat de Police Alliance 35.
Un corps retrouvé dans une voiture le même soir
Trois épisodes de violence en moins de 48 heures, à Villejean d'abord, dans le nord de la ville, puis dans le quartier du Blosne. C'est ici que, samedi, vers minuit, le corps sans vie d'un homme de 25 ans est retrouvé dans une voiture sur un parking. Une habitante est arrivée sur place quelques minutes après le drame : "La voiture bloque le passage et moi, je ne peux pas passer. Je fais des jeux de phares et je klaxonne, il n'y a personne qui me répond. Mon copain part pour regarder et c'est là qu'il se rend compte qu'il y a quelqu'un à l'intérieur qui a eu des coups, qu'on a tiré dessus, et il y a du sang qui sort de sa bouche et de son nez."
Depuis ce week-end, les effectifs de la CRS 82 ont été déployés en urgence. La municipalité et la police espèrent l'arrivée de renforts permanents pour sécuriser ces quartiers.