Le chantier en cours de l’A69, reliant Toulouse à Castres, continue de nourrir le combat entre pro et anti-autoroute. Ce mardi, le rapporteur public de la cour d’appel de Toulouse vient de satisfaire Atosca, la société en charge de la construction et futur exploitant de cet axe de 53 kilomètres.
À quelques jours de l’audience décisive prévue ce jeudi sur le devenir de ce tracé, le représentant de l’État vient de faire connaître sa position. Il ne préconise pas l’annulation de l’autorisation environnementale de cette autoroute. En validant ce document clé, il donne son feu à la poursuite des travaux.
Passer la publicitéC’est à la lumière de ces conclusions que les débats vont se tenir jeudi. Les enjeux sont de taille. Cette autoroute, que soutiennent une grande partie des élus pour désenclaver le sud du Tarn et que combattent d’arrache-pied les associations environnementales en jugeant ce projet d’un autre temps, va-t-elle se poursuivre? Ce nouveau rendez-vous capital intervient après une véritable saga judiciaire, dont les coups de théâtre ont successivement réjoui et accablé les deux camps rivaux.
Coup de théâtre
Le premier soubresaut, insufflant un vent d’espoir dans le camp des opposants, était intervenu le 20 novembre 2024 devant le tribunal administratif. En concluant à l’absence de «raison impérative d’intérêt public majeur» du chantier, le rapporteur public avait demandé l’annulation de l’autorisation environnementale. Trois mois plus tard, le 27 février 2025, les anti A 69, à l’origine du recours, avaient exulté -criant même à une victoire historique- quand le jugement était tombé. Les magistrats suivaient les conclusions du représentant de l’État.
Le chantier démarré en 2023 était mis à l’arrêt le jour même. Une véritable douche froide pour Atosca et les élus soutenant le tracé. Face à des travaux achevés aux tiers, aux 300 millions d’euros déjà dépensés sur une enveloppe totale de 450 millions, faire marche arrière était selon eux une aberration économique et même environnementale. Mais la justice, qu’ils avaient saisie, allait bientôt les soulager. Le 28 mai, elle autorisait la reprise des travaux dans l’attente de savoir si l’autoroute répondait ou non à une «raison impérative d’intérêt public majeur». C’est tout l’enjeu de l’audience ce 11 décembre.
Cette reprise des travaux avait, cette fois, accablé les opposants au tracé. Au lieu d’attendre patiemment l’audience du 11 décembre, ces derniers ont joué les agitateurs. Ils ont demandé à la justice de récuser «pour cause de suspicion de partialité» les magistrats appelés à statuer le 11 décembre. Motif: ce sont les mêmes qui avaient accepté la reprise du chantier en mai dernier. Une requête rejetée au début du mois de décembre. Également, les anti A69 ont dénoncé un débordement d’emprise d’environ 42 hectares du chantier. Les préfectures ont demandé des comptes à Atosca.
Le planning de livraison tenu
Cette agitation témoigne-t-elle d’une certaine fébrilité dans le camp des anti autoroute ? «Si on perd, on saisira le Conseil d’état », prévient-on à «La voie est libre», qui rassemble nombre d’associations environnementales anti A69. Pour ces dernières, il n’est pas trop tard pour faire cesser ce chantier.
Passer la publicitéDe son côté, Atosca affiche la sérénité. Pour le constructeur, la justice ne devrait plus faire obstacle à la poursuite des travaux. Pour son directeur, Martial Gerlinger, le planning de livraison sera donc tenu: en octobre 2026, les véhicules emprunteront l’autoroute.