Ligue 1 : sifflets, Allianz Riviera presque vide et septième défaite de suite : Nice coule face à Angers et s'englue dans la crise

La crise est loin d'être terminée à Nice, qui continue de s'enfoncer après une septième défaite consécutive, cette fois-ci face à Angers (0-1), dimanche 7 décembre, lors de la 15e journée de Ligue 1, dans une Allianz Riviera peu garnie et hostile. Après une semaine vécue sous tension à la suite des incidents survenus dimanche soir lorsque certains supporters niçois ont pris à partie les joueurs, de retour de Lorient après leur défaite (3-1), la fracture interne reste béante à l'OGC Nice.

Durant la nuit, en ville, au centre d'entraînement, aux alentours du stade, sur le stade même, des centaines d'affiches singeant les publicités du cirque Pinder, avec un clown vêtu d'une veste rouge et noire pointant du doigt le passant, ont été collées."Cirque OGC Nice : le plus célèbre cirque d'Europe enfin de retour !", pouvait-on y lire, copiant à la perfection l'original, avec le lien vers un site internet fictif "lecirqueogcnice.com".

Un public hostile et peu nombreux

Le désamour entre le public et son équipe était ainsi clairement matérialisé dans une Allianz Riviera désertée, avec moins de 8 000 spectateurs (au lieu des 17 630 annoncés), les joueurs ont été sifflés à l'annonce, très rapide, de leurs noms lors de la présentation des équipes, ainsi que lors de leur entrée sur le terrain. Deux clubs de supporters, la Populaire Sud et le CDS (Club des Supporters), avaient annoncé jeudi boycotter les matchs jusqu'à nouvel ordre.

"Jamais de ma vie je n'aurai imaginé boycotter comme ça mon club," avait soufflé vendredi à ICI Azur Solange Claude, présidente du CDS. "Au départ on voulait surtout à Ineos et petit à petit au président Bocquet, puis aux joueurs et maintenant même l'entraîneur on n'arrive plus à le suivre. Qu'ils dégagent tous ! Il n'y a qu'une vente du club qui pourra recoller les morceaux", poursuivait Guy, un autre supporter.

Tous les Niçois évoluaient avec un maillot floqué du nom de Jérémie Boga ou de Terem Moffi, les deux joueurs en arrêt de travail et qui ont porté plainte contre X, après les incidents de dimanche soir. Et, en début de rencontre, chaque fois qu'un d'entre eux touchait un ballon, il était sifflé.

Le début de match a donc été compliqué pour Melvin Bard et ses partenaires. Après une minute et trente secondes de jeu, l'avant-centre angevin Sidiki Cherif a failli reprendre victorieusement le centre de Yassin Belkhdim (2e). Sofiane Diop, qui aurait pu marquer s'il avait cadré sa reprise (3e) et qui a été le premier Aiglon applaudi (15e), n'a pas suffi à éviter les Olé pour l'équipe adverse (13e).

Nice a manqué de consistance pour renverser la tendance actuelle. Les hommes de Haise ont progressivement perdu le fil, dépassés dans tous les duels. À la 33e minute, Juma Bah a relancé sur Belkhdim à l'entrée de sa surface. Et cette fois, l'action collective angevine a permis à Belkhdim d'ouvrir logiquement la marque (0-1, 33e).

L'entrée en jeu du revenant Tanguy Ndombélé a sonné la révolte des Rouge et Noir, réduits à dix après l'exclusion de Tom Louchet à la 52e minute. Mais cela n'aura une nouvelle fois pas suffi. Pour générer "l'union sacrée" demandée par Franck Haise, les joueurs se sont réunis au milieu du terrain en fin de match, sous les huées du public.

Présents en tribune, Florian Maurice, directeur sportif aux traits tirés, Fabrice Bocquet, PDG du club, et Jean-Claude Blanc, PDG d'Ineos Sport, ont devant eux un chantier énorme pour "recoller les morceaux" selon le premier, d'une équipe en perdition mais qui reste encore 12e au classement, à six points du premier relégable, Nantes. "Cette semaine a été très difficile pour tout le monde. Aujourd'hui, l'atmosphère autour du terrain, comme dans le stade était très difficile. C'était des conditions difficiles de performance. C'est comme ça, il faut faire le dos rond", a reconnu Fabrice Bocquet.

"On a pu voir un effectif dont, parfois, les liens n'étaient pas suffisamment forts", a poursuivi le président niçois, qui a succédé à Jean-Pierre Rivère en août dernier. "On le vit depuis un moment. Est-ce que ce qui s'est passé leur permettra de resserrer leurs liens ? On l'espère, on sera toujours derrière eux. Mais au final, la responsabilité sur le terrain, appartient aux joueurs".

La question du limogeage de Haise "ne se pose pas"

Quant à la question d'un possible limogeage de Franck Haise, le PDG a évacué la possibilité. "Non, elle ne se pose pas à partir du moment où il a demandé à être ici, on continue tous ensemble", a répondu Fabrice Bocquet.

Le technicien des Aiglons, au club depuis l'été 2024, a reconnu samedi qu'il avait été "tout près de partir, dans un moment de chaos". Mais s'en aller, a-t-il ajouté, "c'était abandonner les joueurs, le staff, le club d'une manière générale". "J'espère qu'on arrivera à retourner la situation tous ensemble pour revivre d'autres bons moments", avait-t-il positivé.