C’est un refrain que les anciens cadres du cimentier Lafarge entonnent dès qu’ils en ont l’occasion, depuis le début de leur procès pour financement du terrorisme il y a trois semaines : s’il y avait une priorité des priorités, un élément avec lequel il était impensable de transiger, c’était bien la « sécurité des employés ». Jeudi 4 décembre, Bruno Pescheux, le directeur (de 2008 à juin 2014) de la filiale syrienne de l’entreprise (Lafarge Cement Syria, LCS), un des huit prévenus poursuivis aux côtés de la « personne morale », Lafarge, a récité la même antienne : « Ce que j’ai eu à cœur toutes ces années, c’était d’abord mes employés. Il ne faut pas oublier ça. »
Ça tombe bien, quatre de ces anciens salariés syriens sont venus témoigner, vendredi, de ce qu’ils ont vécu pendant des mois, et même des années, à l’intérieur et aux abords de l’usine de Jalabiya, que Lafarge est accusé d’avoir maintenue en activité, en versant des millions d’euros à plusieurs groupes...