Depuis début juillet 2025, des internautes multiplient les mises en garde sur les réseaux sociaux : «vous roulez 1 heure en voiture électrique ? C’est comme passer 1 heure dans une IRM», peut-on lire sur X et Facebook. Selon ces publications, les batteries généreraient des champs de 1,5 à 3 Tesla (unité de mesure des champs magnétiques), favorisant la formation de kystes et augmentant le risque de cancer...
Sauf que ces affirmations sont doublement erronées, comme l’ont confirmé plusieurs experts interrogés par l’AFP. D’une part, l’intensité des champs électromagnétiques dans les voitures électriques est infiniment inférieure à celle d’un appareil d’IRM. D’autre part, aucun effet négatif sur la santé n’a été démontré, ni pour les IRM ni pour les véhicules électriques. On vous explique.
Passer la publicitéUne étude d’ampleur
Une vaste étude menée en Allemagne en avril et novembre 2024 apporte des réponses scientifiques solides à ces inquiétudes. Commandée par l’Office fédéral de radioprotection et le ministère fédéral de l’Environnement allemand, cette recherche a été réalisée par un consortium d’acteurs étatique, universitaire et associatif.
L’ampleur des travaux montre le sérieux de la démonstration : 11 voitures 100% électriques, 2 hybrides rechargeables, 1 véhicule thermique et 4 deux-roues électriques ont été analysés. Plus de 975.000 mesures individuelles ont été effectuées sur banc d’essai, sur circuit et en conditions réelles de circulation, avec des sessions de conduite de 90 minutes. Des mesures comparatives ont également été réalisées dans les transports en commun (trains, métros, tramways).
La science confirme que la non-dangerosité
Les résultats sont clairs : si des pics de champ magnétique peuvent effectivement être mesurés lors d’accélérations ou de freinages brusques, notamment au niveau des pieds, ils restent bien en deçà des seuils de dangerosité. Ces pics correspondent à ce que les scientifiques appellent les «niveaux de référence», c’est-à-dire des valeurs de précaution mesurées dans l’air, autour du corps mais pas à l’intérieur.
Or, ce qui compte pour la santé, ce ne sont pas ces mesures externes, mais ce qui se passe réellement à l’intérieur du corps humain. C’est là qu’intervient la notion de «restrictions de base», qui représentent les véritables limites de sécurité à l’intérieur du corps humain.
Le résultat est clair : même lorsque les niveaux de référence sont ponctuellement dépassés à l’extérieur du corps, les restrictions de base définies par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, ne sont jamais franchis. Autrement dit, si l’on peut mesurer des ondes autour de nous dans l’habitacle, elles ne génèrent pas de courants électriques dangereux dans nos tissus humains.
Passer la publicitéDes comparaisons rassurantes
Pour définitivement nous rassurer, l’étude apporte plusieurs éléments de comparaison instructifs. Le véhicule essence testé a également montré des dépassements locaux des niveaux de référence, notamment au démarrage du moteur ou lors de l’activation des sièges chauffants. Les équipements électriques accessoires (climatisation, lève-vitre, éclairage, clé connectée...) génèrent parfois plus d’ondes que le moteur électrique lui-même.
Dans les transports en commun électriques, l’exposition est similaire, voire supérieure à celle des voitures individuelles, sans que cela ne constitue un problème de santé publique. Comme le souligne à l’AFP, Anne Perrin, biologiste et membre de la Société française de radioprotection, dans une voiture électrique «on est sur des ordres de grandeur qui se mesurent en microTesla, donc qui sont 100 000 fois inférieur» aux 1,5 Tesla d’un appareil d’IRM.
Les données scientifiques sont formelles : non, les ondes électromagnétiques des voitures électriques ne sont pas dangereuses pour la santé. Les affirmations alarmistes qui circulent sur les réseaux sociaux relèvent de la désinformation et ne reposent sur aucun fondement scientifique.