Brigitte Bardot, David Lynch, Robert Redford... Ils nous ont quittés en 2025

  • Janvier

David Lynch, le tsar du bizarre

David Lynch, né en 1946 dans le Montana, aura marqué l’histoire du cinéma comme l’ont marqué avant lui Chaplin, Hitchcock, Fellini ou Bergman. De l’histoire de zombie en noir et blanc Erasehead (1977), son premier long-métrage financé par des petits boulots, à l’une de ses consécrations avec Sailor et Lula (1990), palme d’Or à Cannes, la plupart de ses œuvres sont devenues culte. Il fait partie de ce club très fermé des génies du 7e art et même s’il n’avait réalisé qu’un seul film, Eraserhead, cela lui aurait suffi pour entrer dans ce panthéon. Outre ce premier long métrage, qui ne cesse de hanter les cinéphiles (lui ne l’était pas !), nous pouvons compter quatre autres chefs-d’œuvre : Elephant manBlue VelvetMulholland Drive et le controversé et hermétique Inland Empire sans oublier la série Twin Peaks qui le révéla au grand public. Tout à la fois figure mythique de la culture contemporaine et outsider de l’industrie cinématographique, l’artiste polymorphe n’a cessé d’acculer le spectateur dans ses retranchements. Il a terminé sa carrière avec Inland Empire (2006), moins marquant, avant de se consacrer à la méditation transcendantale et à d’autres formes d’expression artistique.

Le réalisateur David Lynch est mort le 16 janvier 2025 à l’âge de 79 ans. ABACA

Bertrand Blier, l’iconoclaste

Bertrand Blier, l’un des derniers géants du cinéma français, a su inventer son propre univers cinématographique, a écrit et réalisé des films inoubliables pour plusieurs générations, et a dirigé les plus grands acteurs. Grand lecteur, c’est aussi un mélomane avisé, fanatique de jazz et de musique classique. Il assume l’héritage laissé par son père, Bernard Blier. C’est à côté de grands réalisateurs comme Georges Lautner, Delannoy ou Christian-Jaque qu’il apprend peu à peu son métier. Cynique, non conformiste et provocateur, il rêve d’un style qui n’appartienne qu’à lui. Ambition réussie avec des chefs-d’œuvre comme Préparez vos mouchoirsTenue de soirée ou Trop belle pour toi. Dans la plupart de ses films, les hommes sont les victimes de femmes manipulatrices. En 1974, Bertrand Blier réalise Les Valseuses, une dérive provocante, interdite aux moins de 18 ans, qui a révélé le réalisateur et trois acteurs, Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et Miou-Miou. Politiquement incorrect, « en réaction au cinéma bourgeois », Bertrand Blier entend « amuser » et « choquer ».

Le cinéaste Bertrand Blier est mort le 20 janvier 2025 à 85 ans. Busquets-Manavit Florent/ABACA
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Ils nous ont aussi quittés en janvier... David Lodge (écrivain britannique), Gilles Dreu (chanteur), Sam Moore (chanteur américain), Marianne Faithfull (chanteuse britannique).

  • Février

Gene Hackman, le dur à cuire de Hollywood

À la veille des Oscars, où il avait été primé à deux reprises, Hollywood perd l’un de ses plus célèbres durs à cuire. Gene Hackman est décédé brutalement, le 26 février à l’âge de 95 ans, avec sa femme et son chien. La carrière de Gene Hackman ne peut laisser indifférent même les cinéphiles les plus exigeants. Neuf grands prix internationaux, dont deux Oscars, et une présence exceptionnelle dans des films qui ont marqué l’histoire comme Bonnie and Clyde, French Connection, L’Épouvantail (Palme d’or 1973), Impitoyable… Durant sa longue carrière, l’acteur américain a tout fait pour se tailler une réputation d’ours mal léché. Dans les dernières années de sa vie, il en rajoutait à longueur d’interviews, se définissant comme « un casse-couilles quatre étoiles ». La légende américaine du cinéma aura reçu, durant sa carrière exceptionnelle, deux statuettes hollywoodiennes : pour French Connection (premier rôle) en 1972 et pour Impitoyable (second rôle) en 1993.

L’acteur Gene Hackman est mort le 18 février à 95 ans. Alamy/ABACA

Ils nous ont aussi quittés en février... Paul-Loup Sulitzer (homme d’affaires et écrivain), Boris Spassky (joueur d’échecs), David Johansen (chanteur américain).

  • Mars

Émilie Dequenne, la Rosetta des frères Dardenne

Son sens du combat aura un peu retardé l’échéance. Émilie Dequenne est décédée d’un cancer du système endocrinien rare et méchant. Un cancer au nom interminable et aux dégâts fulgurants, le corticosurrénalome. L’actrice belge avait révélé en octobre 2023 sa maladie. Elle était apparue sur le tapis rouge du Festival de Cannes en mai 2024, les cheveux courts, tout juste repoussés après un lourd traitement. Elle y présentait un long-métrage au titre évocateur, Survivre. Émilie Dequenne célébrait aussi à Cannes les 25 ans de Rosetta, la Palme d’or des frères Dardenne qui la propulse dans la lumière en 1999. À la surprise générale mais à l’unanimité d’un jury présidé par David Cronenberg, la jeune fille de 17 ans remporte le Prix d’interprétation féminine. Le cinéma français la désire. Dans les années 2000, elle tourne sous la direction d’Yves Lavandier (Oui, mais…), Claude Berri (Une femme de ménage, avec Jean-Pierre Bacri), Catherine Corsini (Mariées mais pas trop, avec Jane Birkin), Patrick Timsit (L’Américain), Philippe Lioret (L’Equipier)… Émilie Dequenne ne dédaigne pas la comédie, insufflant une dose de mélancolie à ses personnages. C’est le cas dans La Vie d’artiste, de Marc Fitoussi, au côté de Sandrine Kiberlain et Denis Podalydès.

L’actrice Émilie Dequenne est morte le 16 mars à 44 ans. Bridgeman Images

Ils nous ont aussi quittés en mars... Herbert Léonard (chanteur français), Simon Fisher-Becker (acteur), Richard Chamberlain (acteur américain), John Nelson (chef d’orchestre américain).

  • Avril
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Val Kilmer, la légende noire du cinéma américain

La star Val Kilmer, révélée dans Top Gun, combattait un cancer de la gorge diagnostiqué en 2014. Il a succombé à une pneumonie. Sa dernière apparition à l’écran en 2022, dans Top Gun : Maverick, arrachait une larme aux plus endurcis des pilotes de chasse le temps d’une scène. Une tendre accolade entre un Tom Cruise immarcescible et un Val Kilmer retraité, aphone et diminué par la maladie. Le film avait les honneurs du Festival de Cannes, tout comme le documentaire Val, l’année précédente, portrait émouvant de l’acteur à partir de ses vidéos personnelles, tournées depuis l’enfance avec un caméscope. Top Gun de Tony Scott et Heat de Michael Mann. Un film culte et un chef-d’œuvre. Nombre d’acteurs rêveraient pareils trophées dans une carrière. Val Kilmer aurait pu s’en contenter.

L’acteur Val Kilmer est mort le 1er avril à 66 ans. Bridgeman Images

Mario Vargas Llosa, observateur critique de son temps

L’écrivain hispano-péruvien, Prix Nobel de littérature en 2010 et membre de l’Académie française, avait du charme et de la prestance, il était prompt à séduire aussi bien son auditoire que son lectorat. Mario Vargas Llosa était le dernier représentant de ce qu’on a appelé le « boom latino-américain », apparu dans les années 1960, et qui comptait dans ses rangs, l’Argentin Julio Cortazar, le Mexicain Carlos Fuentes, le Cubain Guillermo Cabrera Infante et le Colombien Gabriel Garcia Marquez, futur Nobel et ami proche, avec lequel il se brouillera après en être venu publiquement aux mains, et aux poings, en 1976. Romancier puissant, cet observateur critique de son temps avait aussi chez lui un côté hidalgo, sensible et batailleur, polémiste de haute volée. Vargas Llosa faisait partie de ces écrivains qui pensaient que le roman était toujours un genre majeur, le seul à pouvoir exprimer « de façon vaste, ambitieuse, complexe » la totalité du monde fictif. Bien souvent, l’attribution du Nobel entraîne une perte ou une altération de l’inspiration des romanciers. Il n’en fut rien pour Vargas Llosa. On retrouvait en 2013, avec Le Héros discret, le meilleur de l’écrivain alors âgé de 79 ans : même fraîcheur et même maestria narrative que dans La Ville et les Chiens. Mieux : avec ce retour au pays natal, il nous donne un de ses meilleurs livres.

L’écrivain Mario Vargas Llosa est mort le 13 avril à 89 ans. Bridgeman Images

Ils nous ont aussi quittés en avril... Amadou Bagayoko (chanteur malien).

  • Mai

Werenoi, le rappeur à l’ascension fulgurante

Devenu un phénomène pour les 15-25 ans, le public de Werenoi l’écoutait en boucle et se pressait à ses concerts. Les Zéniths, l’Accor Arena, le printemps de Bourges, Montreux… partout, il soulevait les foules. La League, comme il surnommait ses fans, y entendait notamment son titre Figaro, en clin d’œil à notre journal. Dans ses textes, Werenoi jouait avec les codes des gangsters mais il ne critiquait jamais les forces de l’ordre, les juges ou la France. Il ne faisait l’apologie d’aucune religion. Il ne se mêlait même pas du conflit entre Israël et le Hamas. Discret à l’extrême, Jérémy Bana Owana n’avait pas la notoriété grand public et transgénérationnelle d’Orelsan et de Stromae. Cela lui était égal. Au lieu de donner des interviews et de poser sur les tapis rouges, il préférait être en studio et en écriture. Ses tubes dont Chemin d’or, Laboratoire et Solitaire racontaient la vie qu’il avait eue à Montreuil, dans l’est parisien, mais aussi son ascension et les trahisons qui allaient avec. En mai, l’état de santé de Werenoi, qui était malade selon plusieurs sources, s’est subitement dégradé. Pour tous, il était l’artiste de la décennie.

Ils nous ont aussi quittés en mai... Pierre Audi (metteur en scène), Angelo Rinaldi (écrivain français), Iouri Grigorovitch (danseur russe), Sebastião Salgado (photographe brésilien).

  • Juin
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Alfred Brendel, pianiste de génie autodidacte

La mort d’Alfred Brendel nous prive non seulement d’un des plus grands musiciens du XXe siècle, mais aussi d’un des derniers représentants de la Mitteleuropa, cette notion aux contours flous qui évoque immédiatement l’âge d’or culturel d’une Europe centrale issue de l’Empire austro-hongrois. Il était l’incarnation de cette Europe danubienne, non pas comme identité conservatrice et repliée sur elle-même, mais bien au contraire cosmopolite, impertinente et cultivée, ne se satisfaisant d’aucun dogme. C’est en entendant Alfred Cortot qu’il a la révélation que l’on peut faire de la musique un art vivant, en lisant et interprétant les textes au lieu de s’en tenir à des traditions sclérosées. Et c’est au contact d’Edwin Fischer qu’il apprend à « s’éloigner du piano pour se trouver soi-même ». Quasi autodidacte, il attire l’attention des connaisseurs grâce à ses enregistrements pour une firme confidentielle et bon marché. Une fois que, le 18 décembre 2008, il a annoncé officiellement sa retraite, démarche rare chez les musiciens et due à une fatigue physique décuplée par l’arthrite, il s’est beaucoup consacré à la poésie.

Le pianiste Alfred Brendel est mort le 17 juin à 94 ans. Bridgeman Images

Ils nous ont aussi quittés en juin... Pierre Nora (historien français), Nicole Croisille (chanteuse), Philippe Labro (journaliste), Sly Stone (musicien américain), Brian Wilson (bassiste américain), Lalo Shifrin (pianiste argentin).

  • Juillet

Bun Hay Mean, le « Chinois marrant »

Âgé de 43 ans, Bun Hay Mean a succombé à une chute mortelle de huit étages. Né d’une mère chinoise et d’un père cambodgien en 1981 à Lormont, en Gironde, il a commencé dès l’adolescence, à écrire des sketchs et à faire du stand-up. Après des études d’informatique, il a décidé de revenir à sa première passion : l’humour. Il commence à se produire dans des cafés et restaurants parisiens avant d’être repéré par Alain Degois, fondateur de la compagnie théâtrale du Déclic Théâtre, où il rencontre Jamel Debbouze. Ce dernier lui propose d’intégrer la septième saison du Jamel Comedy Club. Il profite de cette notoriété pour monter son premier spectacle, intitulé Chinois Marrant dans la légende de Bun Hay Mean. À la suite de ces shows, il adoptera le surnom de « Chinois Marrant »qui lui collera à la peau. En parallèle, il se lance dans le septième art et apparaît dans le film d’Éric Judor, Problemos, dans la comédie Rattrapage de Tristan Séguéla ou encore dans le dernier opus d’Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu de Guillaume Canet dans lequel il joue Deng Tsin Qin, prince félon de Chine.

Ozzy Osbourne, légende du heavy metal

Surnommé le « Prince des ténèbres » en raison de ses frasques dans la vie privée, le chanteur du groupe Black Sabbath s’était distingué avec ses tubes Paranoïd, No More Tears, Crazy Train ou War Pigs. Il luttait depuis plusieurs années contre la maladie de Parkinson, ce qui l’avait contraint à annuler certains événements publics. Il avait toutefois réussi à se produire à Birmingham, lors d’un grand concert intitulé Back To The Beginning, début juillet. Titulaire d’une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, Ozzy Osbourne a aussi été lauréat en 2008 du prestigieux prix Living Legend au Classic Rock Roll of Honor. Parrain du metal et icône déjantée, Ozzy Osbourne était notamment connu pour son émission de téléréalité familiale dans les années 2000, The Osbournes, un des plus grands succès de MTV, qui lui avait permis de toucher un tout autre public. Il est considéré comme le créateur du heavy metal, mélange de rock et de blues aux sonorités lourdes et aux paroles sombres. Un genre longtemps honni mais immensément populaire aujourd’hui.

Ils nous ont aussi quittés en juillet... DJ Godzi (artiste italien), Bob Wilson (metteur en scène de théâtre américain).

  • Août

Sylvain Amic, l’esprit créatif du musée d’Orsay

Conservateur général du patrimoine ayant exercé au musée Fabre au début des années 2000, ancien directeur de la Réunion des musées métropolitains de Rouen-Normandie jusqu’en 2022, puis conseiller en charge des musées au cabinet de Rima Abdul Malak, Sylvain Amic a été commissaire de nombreuses expositions, dont plusieurs consacrées au romantisme et à l’impressionnisme. En tant que conseiller au cabinet de la ministre de la Culture, on lui doit un travail autour de la stratégie nationale en faveur des métiers d’art, la préparation des lois en faveur des restitutions de biens spoliés ou de restes humains, ou le suivi de plusieurs projets mémoriels. À Orsay, où il avait succédé à Christophe Léribault en 2024, outre la recherche de mécénat et de fonds pour les travaux, le lancement d’expositions, et la mise en place d’une politique en faveur des jeunes ainsi que la création d’un ambitieux programme de recherche sur les biens spoliés, il était un des maillons de la politique en faveur de la ruralité mise en œuvre par Rachida Dati.

Sylvain Amic est mort le 31 août à 58 ans. De Russe Axelle/ABACA

Ils nous ont aussi quittés en août... Terence Stamp (acteur britannique).

  • Septembre

Robert Redford, monstre sacré du cinéma

Les Grecs avaient inventé un mot qui pourrait qualifier Robert Redford : « kalos kagathos. » À ses débuts, la star hollywoodienne renvoie l’image éclatante de la jeunesse californienne blonde et sportive des années 1950. Avec ce sourire craquant qui n’appartient qu’à lui, où l’humour le dispute à la pudeur. Mais tout son parcours fera de lui une personnalité morale et politique d’une rare cohérence, artiste et citoyen engagé d’un même élan dans la défense de l’environnement, des libertés civiles, de l’indépendance de la création. L’acteur enchaîne avec The Chase (La Poursuite impitoyable, 1966) d’Arthur Penn, première rencontre avec Jane Fonda et Propriété interdite (1966), première rencontre avec Sydney Pollack, qui lui offrira quelques-uns de ses meilleurs rôles : Jeremiah Johnson (1972), Nos plus belles années (1973), Les Trois Jours du Condor (1975), Le Cavalier électrique (1979), Out of Africa (1986), Havana (1990). En 1980, il signe son premier film, Des gens comme les autres, qui remporte quatre oscars. Il y a chez Robert Redford acteur et producteur des lignes de force qui annoncent le cinéaste qu’il va devenir : un romantisme moral et politique, un amour profond de la nature, une réflexion sur l’illusion et la réalité, un désenchantement du succès et du pouvoir.

Robert Redford est mort le 16 septembre à 89 ans. Bridgeman Images

Claudia Cardinale, sex-symbol accompli

Et qu’on a été heureux avec ces yeux noirs, peut-être les plus sensuels du septième art. En 1968, Claudia Cardinale débarque dans ce film en sex-symbol accompli, un petit chapeau retenant mal les boucles rebelles d’un épais chignon et une longue robe à dentelles battant au vent. Les violons d’Ennio Morricone s’envolent. Elle apporte la civilisation. Elle en est la déesse. Même face à sa rivale blonde Brigitte Bardot dans Les Pétroleuses (1971) un navet complaisant, elle faisait jeu égal. Star, elle l’est en effet depuis quatorze tournages, cornaquée par un producteur fol amoureux, Franco Cristaldi (son époux de 1966 à 1975). Parmi ces premières œuvres saillent des classiques tels qu’Austerlitz d’Abel Gance où elle incarne la piquante Pauline Bonaparte, et surtout Rocco et ses frères de Luchino Visconti (1960) où elle n’a en vérité qu’un tout petit rôle. Mais elle a mêlé ses étincelles à celles d’Alain Delon. Même intensité, même regard de braise... Succès populaire garanti l’année suivante avec le duo Cardinal/Belmondo dans le virevoltant Cartouche signé Philippe de Broca. Tournages italiens, français, américains se succèdent sans mal. La torride Claudia est une valeur sûre. Le public comme les cinéphiles l’adorent. Alors elle se laisse un peu aller. Il est vrai qu’en ce qui la concernait, son sourire éblouissant faisait immédiatement disparaître les marques de l’âge.

Claudia Cardinale est morte le 23 septembre à 87 ans. Paramount Pictures/Diltz/Bridgeman Images

Ils nous ont aussi quittés en septembre... Graham Greene (écrivain et scénariste britannique), Jacques Charrier (acteur français), Rick Davies (musicien britannique), Sonny Curtis (chanteur américain), Christoph von Dohnanyi (chef d’orchestre allemand).

  • Octobre

Diane Keaton, la muse oscarisée

Diane Keaton a fait ses débuts à Hollywood dans Lune de miel aux orties, en 1970. Sa longue filmographie inclut un rôle dans Le Parrain, où elle joue la femme d’Al Pacino, et de nombreux succès de Woody Allen, dont elle est restée l’amie après avoir longtemps été la compagne, la muse et l’actrice fétiche. Son rôle-titre dans la comédie romantique Annie Hall  du réalisateur new-yorkais la voit récompensée en 1978 de l’Oscar de la meilleure actrice. Trois autres nominations suivront, pour Reds, film sorti en 1981, Simples Secrets (1996), et Tout peut arriver (2003). L’actrice avait continué de jouer passé ses 70 ans, apparaissant notamment dans Le Book Club en 2018, où elle jouait un rôle de retraitée, tout comme dans Poms en 2019.

Diane Keaton est morte le 11 octobre à 79 ans. Peterson Christopher/Splash News/ABACA

Ils nous ont aussi quittés en octobre... D’Angelo (chanteur américain), Bjorn Andresen (acteur suédois), Tchéky Karyo (acteur franco-turc), Patrice Bart (danseur français).

  • Novembre

Jimmy Cliff, pionnier du reggae jamaïcain

Star mondiale du reggae, acteur, chanteur, auteur-compositeur, Jimmy Cliff avait écrit ses premières chansons dès l’école primaire. C’est en s’installant à Kingston, avec son père, à l’âge de 14 ans qu’il avait adopté son pseudonyme, Jimmy Cliff. Son troisième single, Hurricane Hattie, rencontra le succès alors que le chanteur n’avait que 17 ans. D’autres réussites locales suivirent. En 1964, Cliff fut choisi pour représenter la Jamaïque dans le cadre du World’s Fair de New York. Son premier album, Hard Road to Travel, lui valut un tube en Amérique du Sud. En 1969, il écrit son standard, Many Rivers to Cross, une des chansons les plus reprises de la musique populaire. Mais c’est la sortie mondiale du film The Harder They Come qui fit de Jimmy Cliff une star internationale. Le monde entier succombe au reggae en ces années 1972 et 1973, qui sont celles de l’émergence de Marley et du succès de la reprise de I Shot the Sheriff par Eric Clapton. Jimmy Cliff devient un des ambassadeurs les plus actifs du genre, sillonnant le monde. En 1983, il signe un tube international, Reggae Night, qui l’impose, à près de 40 ans, à un jeune public qui achète le 45 tours par brassées. Il ne cessera plus jamais de porter sa musique de continent en continent, collaborant avec de jeunes artistes et cultivant son bel humanisme.

Jimmy Cliff est mort le 24 novembre à 81 ans. Jensen David/EMPICS Entertainments/ABACA

Ils nous ont aussi quittés en novembre... Udo Kier (acteur allemand), Gary Mounfield (bassiste britannique).

  • Décembre

Brigitte Bardot, l’icône du cinéma français

Qui prétendra qu’il y eut femme plus belle qu’elle au XXe siècle ? Femme plus sensuelle, plus rayonnante, femme à la démarche de sylphide - la danse classique lui avait donné une aristocratique silhouette -, femme au corps idéal, tout en courbes et déliés voluptueux, femme au port de reine, femme magnétique réveillant d’instinct hommes comme femmes – car les femmes aimaient Brigitte Bardot et des générations l’imitèrent. Femme de rêve qui fit chavirer bien des hommes de Roger Vadim à Serge Gainsbourg en passant par Jean-Louis Trintignant, Sami Frey, Jacques Charrier, Günter Sachs, tant d’autres. Jusqu’au moment où elle trouva le calme d’une vie loin des flashs ou des caméras auprès de Bernard d’Ormale qu’elle épousa en 1992. Heureuse avec des moments de doute, jusqu’aux crises et au désespoir. Mais vaillante, battante, pugnace et hyper active dans la défense de la cause animale. Elle est alors infatigable et d’un courage jamais en défaut.

Brigitte Bardot est morte le 28 décembre à 91 ans. PA Photos/ABACA

Frank Gehry, l’architecte qui tordait les lignes

Que pouvait faire de plus extraordinaire Frank Gehry après la Fondation Louis Vuitton jaillissant comme un nuage transparent à la lisière du Jardin d’acclimatation, dans le bois de Boulogne ? Même si elle n’est pas sa dernière œuvre - le Guggenheim d’Abu Dhabi étant en passe de s’achever en 2026 sur l’île de Saadiyat après des années de retard -, ce vaisseau de verre qui porte très haut la culture de la France a valeur de testament. À lui seul, il condense toute l’audace de cet architecte, qui a passé sa vie à tordre les formes, à déconstruire les lignes, à pousser toujours plus loin les prouesses techniques pour donner réalité à ses esquisses crayonnées sur la page blanche.

Frank Gehry est mort le 5 décembre à 96 ans. Aventurier Patrick/ABACA

Martin Parr, photographe de notre temps

Goélands, déchets, poubelles qui débordent, mères trop maquillées et étourdies, bébés laids, friteries et bronzages sur le parpaing. C’est un grand photoreporter de Magnum, un photographe de notre temps et un collectionneur fou de livres photo qui disparaît. Et aussi une certaine Angleterre, à la fois conformiste et anticonformiste, attachée aux traditions les plus royales et mordantes dans ses observations sociales les plus radicales. De Shanghai à Copenhague, de Berlin à Paris, ce familier des festivals, des Rencontres d’Arles et des Rencontres de Bamako a exposé partout. Tenir une conversation avec Martin Parr n’était pas chose facile, au-delà même de votre accent anglais trop continental qui le faisait souffrir comme un mauvais thé français. L’humour de Martin Parr était assez sec, comme un ping-pong mental, et vous renvoyait vite dans le filet dès lors que le sujet l’ennuyait. Dans son corpus photographique, cet homme si vif et si taiseux a saisi les travers humains comme personne, ciblant les bourrelets sous la soie des nouveaux riches, les bronzages insensés des femmes vieillissantes sur toutes les plages du monde, les signes extérieurs de richesse comme des marques flagrantes de vulgarité. Mais c’est avec la couleur, une explosion de couleurs acides, crues et traîtreusement pimpantes qu’il imposera son style et son nom, au milieu des années 1980.

Martin Parr est mort le 6 décembre à 73 ans. DPA/ABACA

Ils nous ont aussi quittés en décembre... Guy Bévert (chanteur guadeloupéen), Cary-Hiroyuki Tagawa (acteur nippo-américain), Rob Reiner (réalisateur américain), Edika (dessinateur français), Hans van Manen (danseur et chorégraphe néerlandais), Arnulf Rainer (peintre et dessinateur néerlandais), James Ranson (acteur américain), Georgette Lemaire (chanteuse française), Chris Rea (chanteur britannique), Francis Marmande (critique de jazz), Mick Abrahams (guitariste britannique).

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