Top 14 : Jalibert, Pau, carton orange, Lyon…, les tops et les flops du Figaro à mi-saison

Et le champion d’automne est… le Stade Toulousain. Anecdotique, évidemment, mais, malgré les 2 points retirés au classement à la suite de l’affaire Jaminet, le triple champion de France en titre, est quand même parvenu à devancer d’une petite unité l’épatante Section Paloise pour boucler la phase aller à la première place. 13 journées marquées par une orgie offensive : 639 essais inscrits (7 par match) et 56,5 points en moyenne par rencontre. Pour un classement inhabituel. Deux leaders, Toulon qui tente de suivre le rythme, puis huit équipes qui se tiennent en trois petits points. Et deux mauvais élèves, Montauban et Perpignan, qui ferment la marche très loin derrière. Ce qu’il faut retenir après 91 matchs disputés.

LES TOPS

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Jalibert, un maestro sur le bon tempo

Le demi d’ouverture de l’UBB réussit un début de saison magistral. Inspiré et altruiste, précis et décisif, Matthieu Jalibert multiplie les performances remarquées. Il mord dans les espaces, fait admirer la longueur de son jeu au pied, marque et fait marquer, leader incontestable de la Patrouille de France (Bielle-Barrey, Moefana, Depoortere, Penaud et Buros). Du côté des statistiques, le Bordelais compte le plus de plaquages cassés (41), apparaît au 2e rang pour les passes après contact (16) et le nombre de mètres parcourus (1032). Pour ne rien gâcher, le numéro 10 affiche des progrès en défense, travaillant d’arrache-pied avec un spécialiste venu du XIII. À l’approche du Tournoi des six nations, le débat entre ses partisans et ceux de Romain Ntamack va de nouveau faire rage.

Pau ne cale plus

Équipe sensation du début de saison, la Section Paloise, cette fois, n’est pas qu’un feu de paille. Les Béarnais sont les seuls à suivre le rythme d’enfer du Stade Toulousain avec 10 victoires et seulement 3 défaites. Repoussant le 3e larron, le RCT, à déjà 7 points. Tous les ingrédients se mettent en place. Un pack plus solide, renforcé, entre autres par l’Argentin Facundo Isa, de jeunes talents offensifs qui se révèlent sans cesse : l’ailier Grégoire Arfeuil et l’arrière Clément Mondinat imitent ainsi Brau-Boirie, Gailleton, Attisogbe… Et dire que Pau doit faire sans quelques blessés majeurs (le talonneur argentin Montoya, le 10 anglais Simmonds, Gailleton et Attisogbe…), dont les retours sont attendus début 2026. La Section peut légitimement croire en une qualification directe pour les demi-finales.

Wainiqolo tout feu tout flamme

Il avait quitté Toulon le cœur lourd, contraint et forcé par le salary cap saturé du club varois. L’ailier fidjien a vite retrouvé l’envie sous ses nouvelles couleurs lyonnaises. 9 titularisations en Top 14 et déjà dix essais inscrits par Jiuta Wainiqolo, meilleur marqueur d’essais de cette phase aller (devant le trio Bielle-Biarrey, Lebel et Hulleu, 8 essais chacun). Des prestations spectaculaires un peu ternies par son manque de maîtrise. Le feu follet a déjà récolté trois cartons jaunes, un autre classement dont il se serait bien passé d’occuper également la première place…

Le Stade Français se redresse

La saison dernière, les Parisiens n’avaient évité le pire qu’à la dernière journée. Rien de tel cette saison. 4e après 13 journées, le Soldats roses auraient même pu viser plus haut sans des défaites sur le fil à Clermont et Bayonne. Mais les points positifs ne manquent pas. Une défense solide, une mêlée retrouvée, un patron au centre du jeu (l’ex-Rochelais Kerr-Barlow), une pépite qui en impose (Noah Nene)… Offensivement, le Stade Français est plus à l’aise, plus audacieux, et ça porte ses fruits. Reste à progresser dans la maîtrise du money-time pour affirmer les ambitions de Top 6 à la fin de la saison régulière.

Plummer réveille le volcan

Recommandé par Vern Cotter, le numéro 10 néo-zélandais ne débarquait pas en Auvergne avec le statut de star (1 seule sélection pour les All Blacks). Il est désormais le chouchou de la Yellow Army. En quelques matchs, Harrisson (dit Harry) Plummer a imposé son leadership sur l’ASM. Buteur précis (déjà 144 points inscrits), doté d’un gros coup de pied dans le jeu courant, l’ouvreur mord dans la ligne et distribue les caviars. Ce n’est pas un hasard si Clermont, 11e au classement (mais à seulement 3 points de la 4e place), affiche la deuxième meilleure attaque de cette phase aller.

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LES FLOPS

Le ventre mou du LOU

La configuration de cette phase aller – 11 équipes se tenant en un mouchoir de poche et deux très à la traîne – fait que l’habituel ventre mou du championnat (rien à espérer, rien à craindre...) est composé, au terme de cette phase aller, d’une seule équipe : le LOU. Les Lyonnais, 12e avec 23 points, disposent en effet d’un épais matelas de 16 points sur le 13e, Montauban, mais accusent déjà 8 points de retard sur le 10e, Clermont. Rien n’est perdu certes, mais il faudra pour cela parvenir à inverser une dynamique terriblement négative : les hommes de Karim Ghezal n’ont en effet remporté qu’un seul de leurs sept derniers matchs de Top 14 (contre Clermont, le 22 novembre). Il est déjà impératif, pour ne pas dire définitivement adieu aux ambitions de début de saison, de ne pas s’incliner à domicile contre la Section paloise samedi prochain.

Le carton orange porté disparu

Comme souvent, les Français avaient fait les malins. Les instances ne voulaient pas de ce carton rouge de 20 minutes - le fautif est expulsé définitivement mais il est remplacé par un coéquipier au bout de 20 minutes afin de remettre les deux équipes en égalité numérique -, nouvelle règle imposée par World Rugby. Le but ? Ajouter un degré de sanction entre le jaune (dix minutes d’exclusion temporaire) et le rouge (exclusion définitive). Alors, pour se différencier, les dirigeants de la Ligue avaient décrété de lui accoler une nouvelle couleur : il sera orange donc. Il faut le savoir car, lors des 91 rencontres disputées depuis le lancement de la saison, les arbitres ne l’ont sorti qu’à six reprises. Visiblement embarrassés par ce gadget censé punir un joueur auteur d’un geste illicite jugé plus maladroit qu’intentionnel sans trop peser sur ses coéquipiers. L’histoire retiendra que le Clermontois Rob Simmons, coupable d’un geste dangereux sur Grégory Alldritt, aura été le premier à le recevoir, mi-septembre.

Montauban et Perpignan inventent le Top 12

Jamais deux équipes n’avaient été autant décrochées au classement au terme de la phase aller. Le promu Montauban compte 7 points, avec un seul succès en 13 journées. Perpignan, lui, est bon dernier avec 5 points et une première (et unique pour l’instant) victoire enfin arrachée lors de la 12e journée contre Clermont. Pour rappel, le 12e, Lyon, dispose déjà de 23 points. La dernière place, synonyme de relégation, et l’avant-dernière, qui dirige vers un barrage d’accession périlleux, sont donc déjà promises aux deux cancres. Montauban fait encore plus fort en promouvant une opération portes ouvertes à chaque match ou presque : déjà 623 points encaissés (48 par match en moyenne), de loin la pire défense puisque la 13e, celle de Bayonne, a concédé plus de 200 points de moins (410). Pour, logiquement, quelques roustes mémorables : 71 points dans la musette à Bordeaux, 84 à Clermont (pour le match le plus prolifique de l’histoire, 84 à 31…), et, la semaine dernière, 61 sur la pelouse synthétique du Racing 92. L’expression championnat à deux vitesses est d’ores et déjà désuète concernant ces deux équipes…

Zach Mercer, dur retour sur terre

Couronné par ses pairs meilleur joueur du Top 14 de la saison 2021-2022, achevée par un titre de champion de France avec Montpellier (il avait disputé 26 des 28 rencontres…), le troisième-ligne était reparti en Angleterre en 2023 pour espérer être retenu par le sélectionneur du XV de la Rose pour la Coupe du monde en France. En vain. Après deux saisons à Gloucester, Zach Mercer avait donc décidé de revenir en Top 14, cette fois à Toulon. Un renfort de poids, encore auréolé de ses performances de choix sous le maillot du MHR. Las ! Les supporters varois attendent toujours que le destroyer anglais retrouve toute sa puissance de feu. Mercer a certes disputé dix rencontres ce Top 14 (8 en tant que titulaire) et inscrit trois essais. Mais son rendement tant défensif que balle en mains n’est toujours pas à la hauteur des attentes placées en lui. «J’ai encore du chemin à faire pour atteindre le niveau souhaité», a récemment acquiescé l’Anglais, longtemps blessé la saison dernière (genou) et encore en quête de rythme. «Physiquement, je suis dans la meilleure forme possible, assure-t-il pourtant. Il faut juste que j’enchaîne pour arriver là où je veux être.» Ce dont son manager, Pierre Mignoni, ne doute pas : «On va retrouver, et on a déjà retrouvé sur des moments, le Zach Mercer qu’on veut voir. Je sais qu’il va être encore meilleur dans les semaines à venir…» Pour que le flop se transforme en top dans 13 journées.

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Anscombe, l’homme invisible

L’ouvreur gallois, fort de son expérience du haut niveau (34 ans, 42 sélections avec le XV du Poireau) avait été recruté cet été par l’Aviron bayonnais pour compenser le départ à la retraite de la légende Camille Lopez. Avec l’objectif de soulager Joris Segonds, choix n°1 certes, mais pas au point d’enchaîner 26 journées avec le numéro 10. Pari raté. Gareth Anscombe ne compte que quatre apparitions depuis le début de la saison (deux titularisations et deux entrées en jeu, la dernière le 20 novembre) pour 163 ridicules minutes de jeu. Lui qui se disait «excité» de rallier Bayonne est, pour l’instant, le flop monumental du recrutement, tous clubs confondus… Le Gallois n’est pourtant pas blessé, mais directement victime des choix du manager, Grégory Patat, qui ne lui fait pas (encore ?) confiance.

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