Pour Guillermo del Toro et James Cameron, l’IA risque d’appauvrir le cinéma

« Ce qui m’inquiète, ce n’est pas l’intelligence artificielle, mais la bêtise humaine », confie Guillermo del Toro, plus remonté encore contre l’IA que son confrère James Cameron. PA Photos/ABACA / PA Photos / AFF/ABACA / AFF

Ces deux poids lourds hollywoodiens, qui recourent aux technologies et aux effets spéciaux dans leur film, braquent les projecteurs sur les dangers de l’IA générative.

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Pour Guillermo del Toro, la comparaison était toute trouvée. Lundi, lors des Gotham Awards, qui récompensent le cinéma indépendant, le réalisateur mexicain amateur de fantasmagorie et d’horreur a estimé que l’intelligence artificielle faisait preuve d’une « arrogance » digne du savant fou de Frankenstein . Le cinéaste recevait le Vanguard Tribute, un prix décerné à une œuvre audacieuse, pour son adaptation du roman de Mary Shelley, sortie début novembre sur Netflix.

Sur scène, Guillermo del Toro a remercié les artisans qui ont accompagné l’aventure Frankenstein. Ceux qui ont su rendre inquiétant le visage du monstre sorti des mains de Victor Frankenstein. Cet étudiant en médecine qui pèche par hubris. « L’art de chacun brille sur chaque plan de ce film, réalisé par des humains, pour des humains. Les designers, maquilleurs, costumiers (...), cet hommage leur revient. Je tiens à leur exprimer notre gratitude et à dire : fuck l’IA. »

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« Indifférent jusqu’à mon dernier souffle »

La semaine précédente, interviewé par la National Public Radio, la radio nationale américaine, le réalisateur de La Forme de l’eau  (2017) et du Labyrinthe de Pan  (2006) approfondissait sa pensée : « Ce qui m’inquiète, ce n’est pas l’intelligence artificielle, mais la bêtise humaine. Elle est à l’origine de la plupart des pires horreurs dans le monde ».

« L’IA, et en particulier l’IA générative (celle proposant une création autonome de contenu, NDLR), ne m’intéresse pas et ne m’intéressera jamais. J’ai 61 ans et j’espère rester totalement indifférent à son utilisation jusqu’à mon dernier souffle », concluait Guillermo del Toro, auteur de treize films. Il ne nourrit pas la même inquiétude à l’égard de Netflix, puisqu’il a réalisé plusieurs œuvres pour cette plateforme que certains de ses confrères estiment néfaste pour le cinéma traditionnel.

James Cameron est un autre poids lourd du 7e art, amateur d’effets spéciaux mais réfractaire à l’IA. Surtout lorsqu’elle est générative. Au cours d’un entretien pour l’émission « CBS Sunday Morning », le réalisateur a épinglé cette technologie « capable de créer un personnage, un acteur, une performance de toutes pièces à partir d’une simple instruction de texte ».

Quelques effets positifs

« Je ne veux pas qu’un ordinateur fasse ce que je suis fier de faire avec des acteurs », résume le cinéaste, dont le troisième volet d’Avatar, intitulé De feu et de cendressortira en France le 17 décembre. Le septuagénaire ne veut toutefois pas apparaître opposé au progrès technique. On ne le croirait pas. L’IA peut permettre, concède-t-il, de baisser les coûts d’un film de science-fiction, ce qui ne serait pas inutile aujourd’hui avec des budgets à la baisse. « Un film comme le premier Avatar n’aurait jamais vu le jour dans le contexte actuel. »

Ne se montre-t-il pas contradictoire, lui qui a dû défendre la 3D contre des détracteurs tels que Wim Wenders à la sortie du premier volet d’Avatar ? Qui recourt à la « capture de mouvement » pour transformer les acteurs en gigantesques bonhommes bleus ? Ce procédé technologique se révèle « tout le contraire » de l’IA, récuse James Cameron, qui voit là une excroissance du travail du comédien.

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Après celle des scénaristes, la profession s’est d’ailleurs récemment inquiétée du développement de l’IA à Hollywood, face à la création et à la médiatisation d’une actrice entièrement virtuelle.

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