« L’amour, ça ne dure que trois mois !  » : Brigitte Bardot, une écriture fleurie et des piques acérées

« L’amour, ça ne dure que trois mois ! » : Brigitte Bardot, une écriture fleurie et des piques acérées

Brigitte Bardot (ici dans Vie privée de Louis Malle en 1961) a toujours revendiqué un franc-parler qui a frisé souvent avec le politiquement incorrect. Leemage/ Bridgeman Images

Qu’elle parle d’amour, de cinéma ou de la défense des animaux, l’actrice tout au long de sa carrière a toujours aimé les formules spontanées et parfois drôles, au ton politiquement incorrect.

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B.B de son âme d’éternelle femme-enfant, s’est amusée de la formule choc bien avant la mode de la punchline. Les grands de ce monde ne lui faisaient pas peur. À Winston Churchill elle avouera : « Vous me faisiez peur à la radio quand j’avais huit ans, mais je vous trouve mignon pour une légende ». À sa copine et rivale Claudia Cardinale, toutes deux « Pétroleuses » au cinéma, elle dira en riant, « C.C. vient après B.B., naturellement ». Magnanime, l’Angelica de Visconti ne lui en tiendra jamais rigueur.

«Ah ! J’en aurai dit des vertes et des pas mûres...Mon franc-parler a parfois choqué les hypocrites ». Actrice adulée ou combattante acharnée de la cause animale, Brigitte Bardot n’a jamais cessé de distribuer des piques souvent drôles et parfois assassines. Elle était si fière de ses répliques sans langue de bois qu’elle adoubera en 2008 un recueil de ses propos compilés par François Bagnaud avant de rédiger elle-même en 2025, de son écriture ronde et fleurie aussi célèbre que ses cambrures de danseuse, un BéBécédaire (Fayard), sorte de bréviaire définitif de sa geste piquante, ses mémoires d’outre-Bardot.

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L’amour et les bonnes (ou mauvaises mœurs) lui ont toujours inspiré des mots décalés, surtout à l’époque plus guindée des années précédant mai 68. Le monde entier s’intéressait alors plutôt à ses tenues Vichy et à ses frasques. Après deux mariages, deux divorces et quelques amants, elle déclare : « l’amour, ça ne dure que trois mois! ». Cette tirade triste ne l’empêche de magnifier ses amours. Vingt après, nostalgie oblige, se souvenant peut-être de la chanson Initials B.B., elle assène, « George Sand a rencontré Musset, Chopin; moi, j’ai rencontré Serge Gainsbourg ». De La Mare au diable à Dieu créa la femme, il n’y avait qu’un siècle que Brigitte avait su franchir.

La phrase de trop

Légère, corrosive, gentiment méchante quand elle parle d’amour, de cinéma, de sexualité (débridée), de Saint-Tropez et de fidélité, B.B. se mue en tigresse quand il s’agit de défendre les animaux, qu’elle préfère, il faut bien l’admettre, aux humains. Le florilège de ses coups de griffe débute en 1962 : « Quand je n’ai personne à qui donner de l’affection, j’embrasse mes chiens ». De misanthropie en misanthropie, la Bardot va peaufiner au fil du temps son discours. Après « La fourrure aux ordures » ou « Le Salon de L’agriculture, c’est le Festival de Cannes des animaux », quelques ministres et présidents de la République (Chirac, Sarkozy, Macron...) sont cloués au pilori parce qu’ils n’avaient pas su tenir leurs promesses d’interdire la corrida ou la chasse.

La « furia B.B. » atteint son paroxysme en 1996. C’est la phrase de trop qui lui vaudra un procès : « Si les musulmans cessaient demain d’égorger les moutons, je trouverais alors que ce sont les gens les plus merveilleux du monde ». L’idole tombe de son piédestal. Elle finira par battre sa coulpe, en reconnaissant, dans un documentaire d’Elora Thevenet et Alain Berliner, intitulé simplement Bardot (2025), qu’elle allait trop loin, mais toujours pour les animaux.

Et Dieu...créa la femme de Roger Vadim en 1956, avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens, Jean-Louis Trintignant...

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