Dermatose nodulaire : quelques barrages d'agriculteurs tiennent encore dans le Sud-Ouest

Quelques routes et autoroutes restent bloquées dans le Sud-Ouest, dimanche 28 décembre, par des agriculteurs mécontents de la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), alors que la ministre de l'Agriculture a annoncé samedi que "plus de 50% des 750 000 bovins ont déjà été vaccinés" dans le Sud-Ouest. Un barrage, situé à Ordan-Larroque, à l'entrée d'Auch (Gers), est toujours en place, a assuré dimanche après-midi à l'AFP le coprésident de la Coordination rurale (CR) du Gers, Jérôme Courrèges.

Selon la gendarmerie, des blocages restaient en place dimanche matin sur l'A75, au Buisson (Lozère) et à Sévérac d'Aveyron ; sur l'A64 à Carbonne (Haute-Garonne) ; sur la RN88 à Baraqueville (Aveyron), près de Rodez ; sur la RD824 à Tartas (Landes) et la D834 à Campet-et-Lamolère (Landes), près de Mont-de-Marsan. Cependant, en fin d'après-midi, la circulation avait repris dans les deux sens de circulation, sur l'A64, au niveau de Pau et de Urt (Pyrénées-Atlantiques), a affirmé Vinci Autoroutes à ICI Béarn Bigorre (ex-France Bleu).

Des actions ont été menées dans la soirée de samedi. Dans la nuit de samedi à dimanche, de la terre et du fumier ont été déversés devant la mairie de Tartas (Landes) par des agriculteurs de la Coordination rurale en colère. Le maire de la commune, Jean-François Broquères, assure auprès d'ICI Gascogne, ne pas comprendre ces faits. "Je suis un petit peu interrogatif sur la plus-value que cela apporte à leur combat", dit-il. "Le nettoyage va revenir aux agents municipaux qui, eux, n'y sont pour rien", regrette Jean-François Broquères. Une action similaire avait eu lieu ce vendredi, devant l'Office français de la biodiversité, dont les locaux sont basés à Tartas.

Face-à-face tendu entre manifestants et policiers à Auch

Samedi soir, un tracteur à "aspergé la façade du journal La Dépêche du Midi" à Auch, a déclaré la préfecture du Gers. Le conducteur a avancé vers les policiers, qui ont réalisé des "sommations avec sortie d'arme", poursuit-elle dans un communiqué, précisant que l'agriculteur a arrêté le moteur, avant d'être interpellé. "Le calme est revenu très rapidement sur place et les manifestants présents ont rapidement engagé le nettoyage de leurs méfaits", affirme-t-elle. "C'est honteux d'en arriver là, de braquer des agriculteurs", a déclaré à l'AFP Vincent Arbusti, porte-parole de la CR du Gers.

"Quand des gens, des agriculteurs, des conducteurs de tracteurs sont menacés par une arme, je comprends tout à fait l'émotion (...) Dans l'espèce, ça a duré trois secondes. Dès qu'il a coupé le moteur, les armes ont été rangées. Il n'y a eu aucune violence", a expliqué de son côté à l'AFP le préfet du Gers, Alain Castanier. 

Pour le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, "de nombreuses manifestations spontanées ont pu se dérouler sans être entravées, permettant une expression revendicative large. Auch est le théâtre depuis plusieurs jours de dégradations significatives", écrit-il sur X , ajoutant que "les forces de l'ordre sont intervenues (...) dans le respect du cadre légal".