La transformation heureuse (et durable) du hockey sur glace français

Comme chaque début d’année, les fans de NHL se donnent rendez-vous pour la « Winter Classic ». En 2026, c’est à Miami que se tiendra donc ce qui est le plus grand spectacle de hockey-sur-glace en plein air. Sans surprise, ce sera un show spectaculaire de niveau mondial, en décalage avec l’image de ce sport vu de chez nous. Pourtant, l’Équipe de France progresse pas à pas, sa récente victoire contre l’Italie en témoigne. Désormais, les Bleus n’ont plus qu’une idée en tête : les Jeux Olympiques de février prochain, symbole d’une transformation heureuse !

Depuis 2022, la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) a engagé un vaste plan de développement pour renforcer la pratique du hockey sur tout le territoire dont le point d’orgue passe par Milan-Cortina. En s’imposant 2-1 devant le futur pays hôte mi-décembre, les Bleus ont fait le plein d’espoir avant d’affronter l’Allemagne, le Japon, la Suède et donc l’Italie dans le Tour Préliminaire des JO. Sortir de ce groupe serait une preuve de plus que la discipline est entrée dans une nouvelle ère, entre modernisation des patinoires, féminisation, écoresponsabilité et haut niveau.

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Un sport en pleine reconstruction

Créée en 2006 après sa séparation de la Fédération des Sports de Glace, la FFHG poursuit un double objectif : consolider ses structures et faire grandir la pratique du hockey sur glace dans l’Hexagone. Après le ralentissement provoqué par la crise sanitaire, la fédération a retrouvé un nombre de licenciés équivalent à celui d’avant la pandémie, avec 21 903 pratiquants en 2022, dont 13 % de femmes. Une reprise encourageante, soutenue par la vitalité des 118 clubs affiliés et des 13 ligues régionales qui forment le socle de ce sport encore trop méconnu du grand public. Fraichement élu à la présidence de la fédération en 2021, Pierre-Yves Gerbeau avait défini une feuille de route ambitieuse pour l’olympiade 2022-2026. Trois piliers guident désormais l’action fédérale : développer la base du hockey, élever le niveau de performance, et agir collectivement dans un esprit de responsabilité et de durabilité.

Former, structurer, professionnaliser

Choix stratégique, la FFHG misa d’abord sur la formation pour faire grandir le hockey français. L’Institut National de Formation (INF) accompagne les entraîneurs, dirigeants et arbitres afin d’améliorer la qualité de l’encadrement et de professionnaliser la filière. Les diplômes (CQP, DE JEPS, DES JEPS) offrent de réelles perspectives aux jeunes souhaitant faire carrière dans le sport.

L’emploi est un autre levier clé. La fédération a soutenu la création de postes de cadres techniques de ligue (CTL) et d’éducateurs sportifs. Ces professionnels, véritables relais de terrain, jouent un rôle essentiel dans la structuration des clubs et le suivi des jeunes joueurs.

Sur le plan territorial, les ligues régionales sont désormais des centres de ressources à part entière. Elles accompagnent les clubs dans la mise en place de projets adaptés à leur contexte local : développement de la pratique, fidélisation des jeunes, recherche de partenariats ou formation de bénévoles.

Des objectifs ambitieux pour 2026

Le plan fédéral fixe un cap clair : atteindre 24 000 licenciés d’ici la saison 2026-2027, dont 12 300 jeunes de moins de 20 ans. Chaque ligue devra élaborer sa stratégie pour y contribuer. Le défi majeur reste la fidélisation : près de 90 % des enfants qui commencent le hockey avant 13 ans arrêtent avant 20 ans. Pour inverser la tendance, la FFHG s’inspire d’autres disciplines et encourage de nouveaux formats de jeu plus accessibles, comme le hockey 3x3, et des approches plus ludiques pour les jeunes et les familles.

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La féminisation est une autre priorité. Le nombre de licenciées a doublé en quinze ans, mais ne représente encore que 13 % des pratiquants. Un plan de féminisation en six axes vise à développer les championnats féminins, favoriser la mixité, former des entraîneurs et arbitres, et valoriser les femmes actrices du hockey français.

Quant au para-hockey, discipline accessible aux personnes en situation de handicap, il connaît également un essor remarquable. Naturellement, la fédération soutient la création de sections dédiées et la structuration d’un championnat national, avec l’ambition de voir l’équipe de France briller sur la scène internationale.

Moderniser les patinoires, penser durable

Le développement du hockey passe aussi par les infrastructures. La France compte aujourd’hui 142 patinoires, dont seulement 98 aux normes réglementaires, mais avec un âge moyen de 37 ans. Certaines installations sont vétustes ou saturées. La solution passe donc par un travail en étroite collaboration avec les collectivités afin de moderniser ces équipements voire les encourager à construire de nouvelles patinoires « écoresponsables ». Objectif : offrir de meilleures conditions de jeu tout en réduisant l’impact environnemental grâce à une gestion énergétique plus efficace.

Au-delà du terrain, la Fédération s’engage dans un plan citoyen fondé sur trois principes : le respect de l’autre (lutte contre les violences et les discriminations), le respect de soi (éthique, santé, intégrité) et le respect de l’environnement (transition écologique et sobriété énergétique).

Une mutation sans limite ?

Entre passion, inclusion et performance, le hockey sur glace français se réinvente. Derrière les palets et les crosses, c’est tout un écosystème qui s’organise pour faire de ce sport spectaculaire une discipline moderne, accessible et durable, ouverte à toutes et à tous. Reste à élargir son assise populaire afin de soutenir le développement économique de son élite. Et si une belle performance olympique en était le déclic ? Réponse à partir du 11 février

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