Six mois dans la cité des papes. Alors que le long séjour de Jean-Michel Othoniel à Avignon, à travers une ambitieuse exposition, touche à sa fin, la ville annonce que le verre coloré de l’artiste continuera de se détacher sur les murs blonds de la ville. Le populaire artiste contemporain fait don de deux de ses œuvres créées pour l’occasion.
Il s’agit, d’abord, de Wonder Blocks. Six briques enchâssées et ornées qui se dressent dans les niches de la façade XVIIe siècle du musée lapidaire, l’ancienne église des Jésuites et annexe du musée Calvet, qui abrite des collections archéologiques. Ces sculptures, qui font écho à des autels et des stèles funéraires antiques, sont visibles depuis la centrale et très passante rue de la République.
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La deuxième œuvre, intitulée Fontaine des délices, se greffe sur une fontaine commandée en 1345 par Clément VI et située dans les jardins du Palais des papes. Cette installation, en verre soufflé de Murano et bronze doré, est l’une des 260 œuvres qui ont orné Avignon ces six derniers mois dans le cadre de l’exposition Cosmos ou les Fantômes de l’amour et déclinée dans les musées de la cité. Du musée d’histoire naturelle à la Collection Lambert. Elle se finira le 6 janvier.
« Lorsque la maire, Cécile Helle, m’a proposé d’investir tous les musées pour marquer les 25 ans d’Avignon capitale européenne de la culture et les 30 ans d’inscription sur la liste de l’Unesco World Heritage, j’ai cherché le fil rouge d’une narration. Ce ne sont pas dix petites expositions, mais une grande exposition qui s’exprime selon chaque lieu, chaque architecture, chaque collection », confiait le sexagénaire au Figaro, au moment de la mise à feu de cette programmation colorée. Quelque 50 semi-remorques avaient été nécessaires pour acheminer, depuis le studio francilien d’Othoniel, les matériaux destinés à rhabiller Avignon.
Une trace dans le paysage
« Il nous a proposé de laisser trace en donnant deux œuvres (...) Il tenait beaucoup à ce que l’une des deux soit visible dans l’espace public, à l’image des Wonder Blocks. Cette double donation serait un plus pour la ville et son patrimoine historique », s’est félicitée en conseil municipal Cécile Helle, samedi 20 décembre. La donation a été entérinée à l’unanimité.
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Les œuvres de Jean-Michel Othoniel mènent une vie de château ces dernières années, avec des stations au Petit Palais, à Paris, ou au Palais idéal du Facteur Cheval, à Hauterives. Avec cette donation, le Stéphanois laisse une autre trace durable de son travail dans la ville, vingt-cinq ans après Le Kiosque des noctambules, qui a transformé la station de métro parisienne Palais-Royal, devant la Comédie-Française. Symbole et porte d’entrée à son théâtre du merveilleux.