Le géant américain Amazon a annoncé avoir bloqué plus de 1 800 candidatures nord-coréennes à des offres d'emploi, alors que le pays est accusé de contourner les sanctions de l'ONU en faisant embaucher à l'étranger des salariés télétravaillant depuis Pyongyang. Des Nord-Coréens "cherchent à obtenir des emplois en télétravail dans l'informatique auprès d'entreprises du monde entier, en particulier aux Etats-Unis", a affirmé le responsable sécurité d'Amazon, Stephen Schmidt, dans un message publié samedi 20 décembre sur LinkedIn.
Selon lui, l'entreprise a vu une augmentation de près d'un tiers de ces candidatures au cours de l'année. Derrière ces profils se trouvent des "laptop farms", des locaux remplis d'ordinateurs installés physiquement aux Etats-Unis, mais contrôlés depuis un autre pays, a-t-il expliqué. Selon lui, le problème "ne concerne pas uniquement Amazon" mais "se produit probablement à grande échelle dans l'ensemble du secteur".
"La Corée du Nord forme activement des cyberagents"
Le programme de cyberguerre de Pyongyang remonte au moins au milieu des années 1990. "La Corée du Nord forme activement des cyberagents et infiltre des sites clés à travers le monde", explique à l'AFP Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale de Séoul. "Compte tenu de la nature des activités d'Amazon, le motif semble largement économique, avec une forte probabilité que l'opération vise à dérober des actifs financiers", a-t-il ajouté.
En novembre, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions contre huit personnes accusées d'être des "hackers parrainés par l'Etat", volant et blanchissant de l'argent pour "financer le programme d'armement nucléaire du régime". En juillet, une Américaine avait été condamnée à plus de huit ans de prison pour avoir dirigé une "laptop farm", permettant à des Nord-Coréens d'obtenir des emplois en télétravail dans plus de 300 entreprises américaines du secteur informatique. Ce système avait généré plus de 17 millions de dollars (14 millions d'euros) pour elle et la Corée du Nord, selon les autorités.