C'est un problème auquel sont régulièrement confrontés les parents d'enfants scolarisés : des professeurs absents, non remplacés, et parfois très longtemps. C'est le cas à Stains, en Seine-Saint-Denis, où il manque un enseignant de français au lycée Maurice Utrillo et au collège voisin Pablo Neruda depuis le début de l'année scolaire.
Après trois mois sans remplaçant pour les élèves de troisième, seconde et première, parents et enseignants tentent de se mobiliser pour faire bouger les choses, comme Valérie Lialy-Yao, mère d'un collégien concerné. Cette "parent d'élève investie" observe l'emploi du temps de son fils avec circonspection. Et pour cause : les heures de français ont beau être inscrites, elles ne sont pas assurées depuis la rentrée.
Un problème récurrent
"C'est grave quand même, on est en 2025 et on est en France !", s'indigne cette mère d'élève. Son fils et ses camarades manquent quatre heures de français par semaine depuis trois mois, alors que le brevet les attend à la fin de l'année. "Nos enfants en Seine-Saint-Denis sont déjà lésés en termes d'égalité des chances de par ces absences de professeurs", déplore Valérie Lialy-Yao.
"Ce qu'on demande aujourd'hui, c'est qu'on puisse attirer les enseignants dans ce territoire-là et leur donner l'envie d'y rester."
Valérie Lialy-Yao, parent d'élèveà franceinfo
Ces problèmes de remplacement concernent toute la France, mais la Seine-Saint-Denis fait partie des départements où il y a le plus d'absences. Laura Zerbib, fait partie des personnels mobilisés et de l'intersyndicale au collège Pablo Neruda et en tant que professeure de français, constate régulièrement ces problèmes d'affectation. "Souvent, en début d'année, des professeurs arrivent, mais ne souhaitent pas rester. Il y a toujours un temps assez long pour avoir des professeurs remplacés", relate-t-elle.
Un retard "pas vraiment rattrapable"
À trois kilomètres de là, le lycée Maurice Utrillo manque lui aussi d'un professeur de français. C'est en fait la deuxième partie du même poste, vacant du collège. Une classe de seconde et une classe première, qui devra donc passer le bac à la fin de l'année, alors que les élèves n'ont reçu aucun cours depuis septembre. Pour Sophie Chetrit, professeure de français et syndiquée Sud-Education, ce "retard n'est pas vraiment rattrapable", surtout à l'écrit où "leurs copies seront anonymisées et corrigées au même titre que celles des élèves qui ont eu un enseignant toute l'année".
"On a l'impression qu'aujourd'hui, l'éducation n'est plus un droit qui est garanti pour tous", lâche-t-elle, rappelant que le ministère de l'Education prévoit dans le projet de Budget 2026 de "supprimer éventuellement 4 000 postes, au nom de la baisse démographique". "Mais ce qu'on voit sur le terrain, c'est que les enseignants manquent et qu'on n'est pas capables de mettre un enseignant devant chaque classe, dans chaque discipline", alerte Sophie Chetrit.
De son côté, le rectorat se dit particulièrement mobilisé et affirme que des candidatures sont en cours de traitement.