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Depuis cinq mois, les habitants de Formiguères, un petit village de montagne des Pyrénées-Orientales, ne peuvent plus croiser leur maire, Philippe Petitqueux. L'édile s'est envolé à 15 000 km de là, à Tahiti, sans démissionner pour autant. De quoi plonger les Formiguerois dans un certain désarroi : "Il aurait pu y avoir plus de communication de la part de la mairie à ce sujet, que ce soit clair, au moins", déplore un habitant.
Contacté, le maire qui travaille désormais dans un parc accrobranches se justifie : "Mon installation en Polynésie n'a rien d'un départ précipité. Il s'agit d'une parenthèse pour quelque temps (...) au regard d'une situation devenue particulièrement pesante", assure-t-il. Le problème est qu'il a continué à percevoir ses indemnités de maire, 1 000 euros par mois jusqu'à mi-septembre, ce qui choque la population.
"On a été élus, il faut bien que la boutique tourne"
"Je pense que le préfet aurait dû couper parce que c'est depuis le mois de juin, juillet. Ça fait quand même cinq, six mois", pointe un homme. "D'habitude, on perçoit des choses pour le travail que l'on fait. Si on n'effectue pas le travail, on ne peut pas percevoir les indemnités", juge une riveraine.
La préfecture nous indique n'avoir été informée de la situation que fin octobre et que seul le conseil municipal peut suspendre ses indemnités. En attendant, les adjoints gèrent la commune comme ils le peuvent. "On a été élus, il faut bien que la boutique tourne et on ne va pas abandonner les filles du secrétariat, que ce soit le service technique, le secrétariat. Il faut que tout tourne", souligne Vincent Picheyre, deuxième adjoint de la commune de Formiguères.
Le premier adjoint signe donc à la place du maire les décisions urgentes. Il pourrait aussi percevoir ses indemnités à sa place, mais annonce vouloir laisser cet argent à la commune.