La rumeur enfle depuis quelques jours. L’État envisagerait d’instaurer une taxe sur les véhicules électriques. La preuve que plus aucun automobiliste ne peut passer sous les fourches caudines des pouvoirs publics et d’une fiscalité qui devient de plus en plus punitive. Plus aucun véhicule ne serait épargné. Alors qu’une augmentation des prix du gazole et du sans-plomb de l’ordre de 4 à 6 centimes est prévue dès janvier 2026, les voitures électriques pourraient aussi être amenées à participer aux finances du pays. C’est simple, Bercy doit trouver des recettes pour compenser la baisse de la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques), la taxe prélevée à la pompe. L’an dernier, elle a représenté environ 4 % des recettes de l’État, soit environ 15 à 16 milliards d’euros. Mais, avec la diminution du nombre de véhicules à moteur thermique en circulation, la TICPE est sur une pente descendante. Pour compenser cette «perte» causée par une chute de la consommation de carburant, Bercy étudierait des dispositifs qui viseraient à faire participer le véhicule électrique à l’effort public.
Le plus simple, le dossier est sur la pile «projets», serait de taxer l’électricité chargée par les véhicules. Rien de plus simple au domicile des foyers : le compteur Linky a été conçu pour reconnaître la connexion d’une voiture à batterie. Et sur une prise installée sur le domaine public, c’est aussi facile d’appliquer une taxe sur l’électricité consommée.
Passer la publicitéSi la rumeur enfle en France, c’est que la semaine dernière, Rachel Reeves, la ministre anglaise des finances, a présenté aux députés de la Chambre des Communes, un projet de budget contenant une surprenante taxe sur les véhicules électriques et hybrides rechargeables de l’ordre de 3 pence par kilomètre, soit environ 3,5 centimes d’euros. Prévue d’entrer en vigueur au Royaume-Uni en 2028, cette contribution assise sur le nombre de kilomètres parcourus rapporterait près de 2 milliards de livres sterling selon son instigatrice. Il est à noter que les Islandais et les Néo-Zélandais ont déjà mis en place une telle taxe. Contrôler le kilométrage des véhicules supposerait d’installer un mouchard à bord, comme sur les camions.
En France, Bercy a déjà prévu d’instaurer une taxe sur les véhicules électriques les plus lourds à partir de l’été prochain. Au-dessus de 2,1 tonnes, ces modèles seront donc mis à contribution. Un comportement schizophrène lorsque l’on sait que les pouvoirs publics soutiennent la transition écologique en octroyant un bonus à l’achat d’un véhicule électrique. Mais reprendre dans une poche ce que l’on donne dans l’autre, c’est ce que l’État sait faire de mieux depuis la nuit des temps.
Alors que la part des véhicules électriques dans les immatriculations de voitures neuves ne cesse d’augmenter - sur les 11 mois de l’année 2025, ces modèles représentent 19,5 % du mix -, on peut comprendre l’intérêt des pouvoirs publics à étendre l’assiette fiscale. La trajectoire de décarbonation va continuer à s’accélérer et à compter du 1er janvier 2035, la Commission européenne a imposé la vente de véhicules électriques. Même si elle décide d’adoucir sa décision le 10 décembre prochain, l’avenir est à la propulsion électrique.