«Je ne cherche même plus à me justifier» : ces Français voyagent pour fuir les fêtes de fin d’année

Il y a ceux qui aiment les fêtes et ceux pour qui le simple mot « chapon » déclenche une envie irrépressible de filer à l’aéroport. Pour Anouk, cheffe d’entreprise de 33 ans, l’évasion a commencé il y a dix ans, lorsqu’elle a passé son premier 25 décembre au Maroc, dans la maison que sa mère venait d’acheter. Révélation immédiate : « C’était simple, reposant, dépaysant… Exactement l’inverse du marathon familial où on enchaîne les small talks et les repas trop lourds. »

Un Noël au soleil

Depuis, elle décolle chaque année pour Essaouira ou Marrakech, entourée d’amis et des animaux recueillis par sa mère. « Aujourd’hui, mes proches en rient. Et comme je ne le fais pas contre eux mais pour moi, tout se passe très bien. » Une parenthèse qui lui permet d’évacuer le stress. « On vient avec nos bagages certes, mais on laisse nos problèmes à l’entrée. »

Passer la publicité

Et elle est loin d’être la seule. Selon une étude menée par KAYAK.fr et Ipsos*, 26 % des Français qui voyagent à cette période de l’année estiment que Noël est le meilleur moment pour partir. Les données du rapport Travel Check-in 2025 confirment d’ailleurs l’essor du phénomène : les recherches de vols pour les fêtes ont bondi de +14 % par rapport à 2024, avec un intérêt croissant pour le soleil (Maroc, Caraïbes, La Réunion) mais aussi les city breaks festifs en Europe.

Fuir le froid et les tensions

À 33 ans, Lychee, consultante en influence, a depuis longtemps troqué sa doudoune contre des sandales pour le réveillon. Depuis une dizaine d’années, elle rejoint ses parents à Phuket. « Je suis très sensible à la météo et au froid parisien. Le soleil me rebooste pour la nouvelle année », confie-t-elle. 
Mais ce n’est pas seulement une histoire de climat. C’est aussi une manière d’éviter ce qu’elle aime moins dans les fêtes. « En France, je me retrouvais dans des repas interminables avec le reste de ma famille. L’ambiance était parfois un peu lourde : les tensions, les débats qu’on n’a pas envie d’avoir… et le froid n’arrangeait rien. » Autant dire qu’entre une escapade et une conversation sur un énième remaniement ministériel, pour elle, le choix est vite fait.

En Thaïlande, tout est plus fluide. « Mon père ne célèbre pas vraiment Noël mais adore un bon dîner français. Ma mère organise de grandes fêtes mêlant cuisines thaïe et occidentale, avec des invités de toutes nationalités. C’est festif, mais jamais pesant. » Un Noël décomplexé qu’elle recommande à 100 % : « Quand on vit en France, avoir une parenthèse lumineuse à cette période de l’année fait un bien fou. Et pour ceux qui ne sont pas très fêtes familiales, c’est une super occasion de voyager et de voir comment les autres célèbrent Noël.  »

Assumer un réveillon différent

Et puis il y a ceux qui ont créé leur nouveau cocon. Jeanne, 42 ans, son conjoint et leurs trois enfants ont décidé de passer ces moments entre eux pour la première fois aux Canaries en 2022. Ils ont ensuite testé Noël dans les Caraïbes, guirlandes suspendues aux palmiers. Une autre année, c’est en Toscane qu’ils ont salué le jour de l’an, entre un cappuccino et un panettone.

Un choix motivé par un ras-le-bol. « Nous n’avions pas envie de nous confronter à des discussions ou des conflits potentiels. Je ne suis pas fan des fêtes dans ma famille, je trouve que ça manque de plaisir et de gaieté. Donc on est mieux dans notre famille réduite, notre petit cercle à cinq. » Et quid des réactions familiales ? « Ils ont compris je pense, même s’ils sont déçus. À présent, c’est acté comme ça et c’est mieux ainsi. Je ne cherche même plus à me justifier. »

Passer la publicité

Impossible pour nos témoins de revenir en arrière. Noël se résume désormais à un soleil insolent, quelques rituels réinventés et des valises habilement remplies de cadeaux. Un réveillon sans tensions que toutes recommandent sans hésiter. « Pourquoi se forcer à être avec des gens avec qui on ne se sent pas bien ? Pourquoi ne pas vivre les fêtes qui nous ressemblent ? On n’a qu’une vie ! », conclut Jeanne.


*source : KAYAK.fr / Ipsos, novembre 2025, Les intentions de voyage des Français pour les fêtes de fin d’année.