Avant un possible référendum en Ukraine, ce que disent les enquêtes d’opinion sur l’avenir du Donbass

Volodymyr Zelensky a transmis un contre-plan de paix ukrainien à Donald Trump ce mercredi. TOBY MELVILLE / AFP

Pour la première fois, Kiev a ouvert la voie à des concessions territoriales à la Russie. Une question que Volodymyr Zelensky souhaite trancher par une élection présidentielle ou un référendum.

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Le peuple ukrainien devra se prononcer sur l’avenir du Donbass, soit par une «élection», soit par un «référendum». Alors que les négociations se poursuivent entre Ukrainiens, Américains et Russes pour mettre fin à près de quatre ans de guerreVolodymyr Zelensky a évoqué à plusieurs reprises un retour aux urnes dans son pays. En cas d’élection présidentielle, les sondages ne lui sont pas favorables. Mais dans la perspective d’un référendum sur l’avenir des territoires occupés, que disent les enquêtes d’opinion ?

À l’heure actuelle, l’armée russe occupe presque l’entièreté de l’oblast de Louhansk et la plus grande partie de ceux de ceux de Donetsk (les deux oblasts du Donbass), Zaporijjia et Kherson. Face à cette situation, l’espoir d’une libération du Donbass s’amenuise chez les Ukrainiens, qui refusent toutefois de céder leur contrôle officiel à la Russie. «Abandonner temporairement la libération des territoires occupés» était inacceptable pour plus de six Ukrainiens sur dix en 2024 ; ils n’étaient plus que 50,5% en 2025, selon une enquête du 3 décembre menée par l’institut ukrainien Info Sapiens pour New Europe Center, qui porte notamment sur les concessions jugées comme acceptables. Mais dans le même temps, l’acceptation de la reconnaissance juridique des territoires occupés comme étant russes continue de susciter un rejet massif, partagé par plus de 4 Ukrainiens sur 5.

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L’idée d’une reconnaissance temporaire fait son chemin

Selon une enquête publiée la semaine suivante par le même organisme, avec une méthodologie similaire mais des questions différentes, plus de trois Ukrainiens sur quatre rejettent la reconnaissance du contrôle russe sur les parties déjà occupées du Donbass. Encore plus inacceptable, sans surprise, la reconnaissance du contrôle des régions non occupées. Même si le rejet est moins massif (79%) pour les territoires des régions de l’Est, Louhansk et Donetsk, où la Russie est davantage présente, que pour ceux des régions du Sud, Zaporijjia et Kherson (95%). Les Ukrainiens sont moins nombreux, moins de sept sur dix, à rejeter une telle reconnaissance pour la Crimée, contrôlée par Moscou depuis 2014.

Intransigeants sur une reconnaissance légale, certains Ukrainiens sont en revanche prêts (43% d’entre eux) à accepter l’occupation de facto de certains territoires, à condition que l’Ukraine bénéficie de garanties de sécurité. C’est la solution la plus envisageable, même si 48% des Ukrainiens la rejettent, selon l’enquête de l’Institut international de sociologie de Kiev (KIIS) menée en mai-juin 2025 et relayée par le média Pravda. Dans l’esprit des sondés, cette reconnaissance serait donc temporaire, sans reconnaissance officielle de l’Ukraine ou de la communauté internationale. À noter que ces enquêtes ont été réalisées sur les seuls territoires contrôlés par Kiev.