Des «failles de sécurité» ? Nouvelles inquiétudes autour de l’aéroport de Lisbonne
La plateforme Humberto Delgado, au nord de la capitale portugaise, est connue pour ses files d’attente et ses retards. Un autre aéroport est en projet pour désengorger le premier. En attendant, la police aux frontières fait part de son inquiétude.
Passer la publicité Passer la publicitéFiles d’attente XXL, retards fréquents... Confronté à un afflux de voyageurs toujours plus important depuis la fin de la pandémie, l’aéroport de Lisbonne aurait du mal à faire face sans compromettre sa sécurité. C’est du moins ce qu’assure le principal syndicat de police portugais ASPP-PSP (Police Professionals’ Trade Union Association), qui évoque des conditions de travail dégradées dans un courrier adressé au ministère de l’Intérieur en novembre.
«La police de l’aéroport travaille sous une pression constante pour faciliter l’entrée dans le pays, au contraire de ce qui est souvent vendu par le gouvernement, à savoir qu’il y a une vraie surveillance», déclare Paulo Santos, président du syndicat. Motif de son ire : pour limiter les files d’attente, récurrentes, le gouvernement a décidé de simplifier les contrôles aux frontières à l’aéroport Humberto Delgado, au nord de Lisbonne et aussi l’un des hubs plus fréquentés du sud de l’Europe.
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Passer la publicitéProcédure simplifiée
Selon la même source, les agents sont incités à utiliser une procédure simplifiée quand la fréquentation est particulièrement forte à l’aéroport, géré par ANA, une filiale du français Vinci, ce qui entraînerait des failles de sécurité. Ce système plus rapide, jadis utilisé pour les départs et uniquement en cas de panne informatique pour les arrivées, aurait été généralisé pour faire face au boom touristique de la capitale lusitanienne. Le passeport est simplement vérifié et validé sans être intégré dans la base de données. Jadis les frontières étaient contrôlées par une agence à part entière, SEF (pour Serviço de Estrangeiros e Fronteiras), dissoute en 2023 ; la police se dit submergée.
Plus largement, et même avant cette date, l’aéroport de Lisbonne était déjà connu comme l’un des plus chaotiques d’Europe, régulièrement classé parmi les pires au monde en matière de retards et fustigé par les voyageurs sur les réseaux sociaux. Conçu pour accueillir 22 millions de passagers par an, il en a accueilli 33 millions en 2023. Pour Hugo Espírito Santo, le secrétaire d’État aux infrastructures, les dysfonctionnements tiennent aussi à la nature des lieux. «Nous avons un aéroport exigu, avec des couloirs étroits, une signalétique inadaptée», a-t-il indiqué.
En mai 2024, le Portugal a fait part de son projet de construire un nouvel aéroport, Luis de Camoes, situé à Montijo sur la rive sud de l’estuaire du Tage. Ce nouveau lieu devrait être «amené à complètement remplacer» l’actuel aéroport. Mais celui-ci ne devrait pas être fonctionnel avant 2037.