«On verra à ce moment-là» : Martine Vassal ne ferme pas la porte à un accord avec le RN pour le second tour des municipales à Marseille

Un rapprochement entre le RN et la droite est-il à prévoir en vue du second tour des élections municipales à Marseille ? L’alliance, hypothétique à trois mois du scrutin, fait frémir le milieu politique phocéen. Investie par Renaissance, LR et Horizons, la présidente de la métropole Martine Vassal était interrogée lundi matin sur le sujet sur Sud Radio, alors que la perspective d’un affrontement entre la gauche et le Rassemblement National n’est pas à exclure. Questionnée sur l’éventualité d’un «accord» avec le RN au soir du premier tour des municipales, Martine Vassal a simplement répondu «On verra à ce moment-là», semblant ouvrir la porte à un tel scénario.

«Pourquoi est-ce que l’on parle aujourd’hui du deuxième tour ? Il y a un premier tour d’abord. Moi je suis extrêmement concentrée sur le premier tour. Moi, ce qui me choque, c’est qu’aujourd’hui Monsieur Benoît Payan fasse des accords avec La France Insoumise et que ça n’embête personne dès le premier tour», a-t-elle notamment déclaré. «Le premier tour, il n’y a pas 36 solutions : il y a l’extrême gauche, l’extrême droite et il y a nous au milieu», a ajouté l’élue, fustigeant «l’amateurisme complet» de l’extrême droite locale et «l’incompétence» de la gauche marseillaise emmenée par Benoît Payan.

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Le RN se délecte

Des propos qui ont largement fait réagir dans la cité phocéenne. «J’ai honte pour Marseille et pour les Marseillais. La candidate de la droite et de Renaissance est prête à s’allier au Rassemblement national pour espérer exister et garder sa place. C’est beau de jurer “jamais avec l’extrême droite” mais maintenant ils vont juste vous dévorer», a ainsi lancé Benoît Payan sur X. De son côté, le candidat RN Franck Allisio s’est délecté des propos de son adversaire, alors qu’il apparaît désormais comme une hypothèse crédible pour le second tour du scrutin, notamment depuis son ralliement avec Stéphane Ravier.

«Renaud Muselier, Sabrina Agresti-Roubache, Romain Simmarano sont tombés de l’armoire ce matin en apprenant que Martine Vassal pourrait faire alliance avec le RN au second tour des municipales à Marseille, a réagi Franck Allisio. Ces partis politiques et leurs dirigeants locaux comme nationaux ont échoué dans leur stratégie anti-RN. Dans la deuxième ville de France, ils sont désormais exclus. Je sais à présent que Martine Vassal appellera à voter pour moi pour le second tour».

Contacté lundi par Le Figaro, l’entourage de Martine Vassal a formellement démenti tout rapprochement avec le RN en vue des élections municipales. «Je vous invite à écouter mes déclarations de ce matin : en aucun cas il n’a été question d’une alliance avec les extrêmes, que j’ai combattus pendant toute ma vie politique ! Je suis une femme ! Je suis de droite et du centre ! Et je suis responsable», a indiqué l’intéressée sur X réponse aux nombreuses réactions à la suite de son interview matinale. «Je dénonce l’ambiguïté absolue et permanente de Benoît Payan, qui gouverne déjà avec LFI et qui veut encore malgré ses résultats pour la ville nous donner des leçons !», a-t-elle ajouté.

«J’ai beaucoup de respect et d’estime pour cette femme dont on veut se débarrasser, parce qu’elle pilote une équipe de Marseillais compétents, responsables et capables de redresser la ville. Ça suffit, les féminicides politiques !», l’a soutenu le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier. «Marseille ne passera pas par l’ambiguïté avec les extrêmes», a ajouté Romain Simmarano, porte-parole de Martine Vassal pour le scrutin municipal et président d’Une génération pour Marseille. «Marseille passera par l’addition des forces de droite, du centre, des sociaux-démocrates et des écologistes raisonnables, au profit des Marseillais», a-t-il écrit.

«Il y a trois mots : la colère, la honte et l’incompréhension totale, je ne comprends pas. Je demande très simplement à Gabriel Attal de prendre ses responsabilités, le parti l’a investi, au parti de se prononcer», a en revanche réagi Sabrina Agresti-Roubache (Renaissance) au micro de Maritima .

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En février, celle qui n’était pas encore candidate à la mairie avait indiqué dans les colonnes de La Provence  qu’elle partageait certaines «valeurs» avec le RN. «Avec le RN, quand on parle de sécurité ou d’immigration, il y a des valeurs sur lesquelles on se retrouve. Mais il y en a d’autres avec lesquelles je ne suis pas du tout d’accord. Vous ne m’avez jamais vue appeler à voter pour le RN : je suis à mille lieues d’eux sur l’économie, les retraites, la dette... Ils n’ont aucune vision et ça me terrorise», avait-elle notamment réagi.