Bornes hors service ou inexistantes, facturation à la minute....les ratés de la recharge de véhicules électriques.

On a beau nous expliquer que la situation s’améliore de jour en jour et que les premiers automobilistes ont connu pareilles expériences au début du siècle dernier avec les premiers véhicules à pétrole, le compte n’y est pas. Recharger un véhicule électrique reste une galère dans de nombreux cas. Étonnamment, c’est sur l’autoroute que le conducteur rencontrera le moins de difficulté pour recharger son véhicule électrique. Toutes les stations-service et de plus en plus d’aires de repos sont équipées de bornes de recharge. Il nous est néanmoins déjà arrivé un défaut de connexion entre la borne et notre carte d’abonnement sur l’unique borne libre d’une station. Dans ce cas, il faut prendre votre mal en patience et attendre qu’un autre automobiliste stoppe sa recharge et libère l’emplacement. C’est en ville où la recharge tourne très souvent au chemin de croix et à la galère. Morceaux choisis du parcours du combattant.

La première difficulté est de trouver une station de recharge sur l’espace public. Elles ne sont pas si nombreuses que cela. Ensuite, il faut espérer qu’elles soient libres, ce qui n’est pas toujours le cas. Il faut donc viser juste. Quand enfin, après avoir cheminé dans une partie de la ville, on trouve la fameuse borne, il faut prier pour qu’elle marche. À Boulogne-Billancourt, les bornes électriques installées par le Sigeif (Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France) sont loin de toutes fonctionner. Rue de Sèvres, trois des six bornes sont hors-service depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois. Nous avons tenté de les joindre au téléphone un samedi. Un disque vous informe que le service est fermé et vous invite à rappeler le lundi à partir de 9 heures. À trois rues de là, on trouve notre bonheur mais un des quatre emplacements est occupé par un véhicule à moteur thermique. L’incivisme est d’ailleurs le comportement le plus partagé. Même au sein des entreprises où nous avons pu constater que des salariés «oublient» de déplacer leur véhicule électrique après la recharge pour laisser la place à d’autres, quand ils ne stationnent pas leur véhicule thermique sur les emplacements des bornes.

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Sur l’espace public, nous avons vu la police municipale mettre un PV à un véhicule électrique stationné sur un emplacement de recharge.... en panne. Il n’y a pas de petits profits. Dans Paris, il faut aussi s’accrocher pour trouver une borne en fonctionnement.

Bornes hors-service sur le réseau Île-de-France. Sylvain Reisser

Autre situation cocasse : il arrive que des plateformes annoncent des stations qui n’existent pas. 
Lorsque enfin la borne fonctionne, avant de brancher le câble, il est préférable de s’enquérir de la tarification. Dans 90 % des cas, les réseaux facturent au kilowattheure mais passé un certain laps de temps, des frais de stationnement sont intégrés pour éviter les voitures ventouses. Dans 10 % des cas, la facturation s’effectue sur la base de la minute de branchement. Dans le cas d’une charge lente, la facture peut atteindre des sommets car au-delà d’une heure de chargement, le réseau applique une taxe à la minute. Une partie de la solution réside dans l’installation d’une borne à son domicile. Pour savoir à quelles sauces sont mangés les propriétaires de voitures électriques, nous avons interrogé la société Watt, spécialiste de l’installation de bornes à domicile. Pour une borne Schneider assurant jusqu’à 3,7 kW de puissance, nous avons reçu une facture de 1 847,39 euros TTC. C’est peu de dire que la transition écologique n’est pas cadeau. La facture stipule que la pose de la borne est éligible à la subvention Advenir de 600 euros. Normalement, selon ce dispositif, on doit pouvoir déduire cette prime du montant total mais un doute subsiste. Les députés avaient prévu, dans la loi de Finances 2026 en cours d’examen, de faire sauter cette subvention. Il n’aura échappé à personne que les finances de l’État sont exsangues. La France n’a plus les moyens de financer la transition écologique. Elle vient pourtant de décider le maintien en 2026 du soutien à l’achat de voitures électriques. Selon le ministère des Transports, ces aides pourront atteindre 5 700 euros pour les ménages précaires, 4 700 euros pour les ménages modestes non précaires et 3 500 euros pour les autres ménages, à condition d’acheter un véhicule électrique dont la masse est inférieure à 2 400 kg, et dont le prix d’acquisition est inférieur à 47 000 euros hors options. Enfin, et c’est sans doute le plus important, personne ne parle du prix de l’électricité. On sait qu’il devrait augmenter dans des proportions importantes au début de l’année prochaine. Une nouvelle qui n’est pas pour rassurer les acquéreurs de voitures à batterie.